Vendredi soir, je suis allée au Grand T voir “Le mouvement de l’air” (au passage merci Jetfm – radio curieuse de Nantes et son agglomération – pour la place !). On appelle ça “des formes hybrides à la croisée des arts chorégraphiques et technologiques”. Il faut bien un nouveau jargon pour décrire de nouvelles formes, de nouvelles inventions, de nouvelles intentions. Mais là, je dois dire que j'ai été séduite. D'abord, la salle du Grand T est très bien conçue, et même quand on est au dernier rang, on est bien, en hauteur, on voit tout. Je suis certes un peu serrée sur mon siège, malgré ma petite taille et j'essaie sans cesse de ne pas toucher mon voisin qui lui, a des jambes immenses ! La danse, en soi, n'a rien d'exceptionnelle bien qu'elle soit très bien interprétée. Ce qui fonctionne, de fait, ce sont bien les formes : les formes des corps des trois danseurs au sol, en l'air – assis, debout, couchés – vêtus de noir – sobres – qui jouent avec les formes numériques – dynamiques, blanches, presque humaines. On vole, on s'envole comme dans un rêve au milieu de nuages projetés et animés en direct. On assiste à un combat entre un danseur et une tornade virtuelle. Les musiciens, présents aussi en direct, apportent vie à cet espace immatériel. Peut-être déçue par la fin avec une chanson aux paroles légèrement niaises, plutôt en décalage avec le reste du spectacle aérien, lumineux, envoutant. Dur retour dans le réel. Reste que techniquement, ça fonctionne et c'est beau !
En sortant de la salle dans cette nuit d'hiver, je me retrouve dans le parking qui jouxte le Grand T. Tout d'un coup, je me sens ridiculement très parisienne. Il est loin mon abonnement au théâtre de la Ville, place du Châtelet, à Paris ! J'entends un homme qui s'interroge en sortant du spectacle : “Oui, mais tu vois, on ne sait pas où cela nous mène !” Et, non, monsieur, on ne sait pas où cela nous mène, et c'est très bien comme ça. Rêver, rêver un peu...

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