La maison a retrouvé son calme (peut-être un peu trop). Vous l'aurez bien compris, Jet Set Zero et en particulier Bryan sont partis au Japon en laissant un grand, grand vide derrière eux. Olivier est rentré avec son lot de questions existentielles sur ce qu'on fait là. Et je dois bien dire que je n'ai pas très envie de me poser la question, encore, toujours. Pourtant l'heure des bilans approche, une nouvelle année se prépare, et bientôt trois ans au Vietnam. Trois ans au Vietnam mais un vietnamien (la langue) qui n'a pas évolué, j'ai à peu près le niveau de mes premiers six mois passés ici. Certes, je ne travaille pas assez, mais je n'y arrive pas, ça ne rentre pas. Alors, oui, on peut croire que je me débrouille, mais ça reste très intuitif, très gestuel, très n'importe quoi. Qu'en est-il des amis vietnamiens ? Il y en a très peu sinon pas. Plus je vis ici, même si je continue à me sentir bien, à me sentir chez moi, sans doute parce que j'ai vraiment investi ma maison, je m'aperçois que je m'éloigne des Vietnamiens, on est trop différents, vraiment trop. Alors, bien sûr, j'ai un rapport au Vietnam au quotidien : avec Hoa, avec My, le matin au marché, au petit café du bout de la ruelle, avec tous mes voisins, les enfants, avec les commerçants tout autour, avec les filles de la gym dans le parc (ah, oui, c'est nouveau ça, trop rigolo, faut que je vous raconte !)… Mon expérience professionnelle au Vietnam est assez proche de zéro et l'année prochaine, tout va se passer au Cambodge, encore. Alors, mon Vietnam, c'est quoi ? C'est profiter, c'est rencontrer des gens nouveaux qui viennent de partout à travers le monde, c'est partager avec eux ce que je connais, parfois mal, du pays. C'est aider tout le monde à faire toutes sortes de trucs et trouver ensuite que c'est beaucoup de boulot d'aider tout le monde ! C'est accueillir des gens dans ma maison. Est-ce que ça va suffire ? Je pourrais faire “guest house” avec de la lavande dans les serviettes de toilette quand je suis à Saigon mais ce qui est sûr, c'est qu'on va créer une structure d'édition à Phare à Battambang, et ça, ça va être top ! Enfin, voilà, pas très envie de me poser trop de questions… A part ça, c'est Noël et cette année, les Vietnamiens s'en sont donnés vraiment à cœur joie pour déployer toute leur imagination en matière de décoration de Noël, c'est absolument grandiose, gigantesque, souvent kitschissime quand même. Le concept du lèche-vitrine des Galeries Layette est arrivé jusqu'ici, c'est un peu la folie dans les rues du chic district 1. Evidemment, moi qui déteste Noël, toujours, toute cette agitation me laisse perplexe d'autant que les Vietnamiens ne fêtent pas vraiment Noël. Que de paradoxes ici ! Mais je vais faire des photos, promis…