Je sais, je n'écris pas beaucoup en ce moment. Je vais bientôt fêter mes deux ans à Saigon, et par la même occasion les deux ans du blog. Ça fait long deux ans de blog et je commence un peu à fatiguer mais quand j'évoque l'éventuelle possibilité d'arrêter, une foule de fans enragée s'élève contre moi en me disant que ce n'est pas possible, les Vietnamiens diraient : « Không dược ! », expression que j'emploie très souvent. Et en réfléchissant, je peux toujours trouver quelques anecdotes rigolotes de mon quotidien vietnamien qui ne me surprend plus vraiment quoique. Je pourrais par exemple faire un billet sur le port du casque obligatoire depuis le 15 décembre accompagné de quelques photos insolites car une nouvelle mode est lancée depuis ce jour. D'abord les coupes de cheveux ont changé, rapport au casque qui aplatit les tignasses brunes. Finies les coupes à la brosse pour les garçons. Et pour les filles, un nouveau modèle de casque a vu le jour : un casque, qui ne doit pas protéger grand chose en cas de chute selon les normes occidentales, en forme de chapeau avec des fleurs bien sûr et beaucoup de rose avec de larges rebords sur les côtés. On peut aussi trouver toutes sortes de tissus fleuris qui s'attachent autour du casque pour protéger du soleil j'imagine, comme avant, et pour faire joli ! J'adore ce Vietnam qui s'adapte à toutes les situations qu'on lui impose.
J'ai aussi oublié de vous parler d'un déjeuner fort, fort sympathique à Phnom Penh avec Pascal Lemaître et son épouse franco-khmer, Manou. Pascal est illustrateur, belge. On s'est rencontré à Bayard il y a fort longtemps. Manou est chorégraphe. Ils sont venus au Cambodge pour un projet de danse avec des danseurs khmers. On s'est retrouvé dans leur hôtel un samedi matin très ensoleillé, il y avait aussi Caro, Clo et Dom. Et avec Pascal, on a parlé des derniers potins de Bayard, entre autres choses, et de tous les gens qui m'embrassent là-bas, oh ! Dans le même genre, le service culturel de Saigon a invité Marcelino Truong a participé à quelques ateliers et autres conférences dans le cadre d'un concours autour de la langue française. Un grand merci à Jany (attaché culturel) qui sait combien j'aime le travail de Marcelino et qui sait aussi qu'on est pote ! Donc, officiellement, je suis chargée de m'occuper de Marcelino quand il viendra en mars, on peut dire ça comme ça ! Tous les deux, nous serons membre du jury de ce fameux concours lancé dans le cadre de la semaine de la langue française. Les participants, lycéens souvent, écriront un texte dans lequel doivent figurer au moins cinq mots placés sous le le signe de la rencontre : apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s'attabler, tact, toi, visage. Ensuite, ils devront créer une couverture ou quelques images en travaillant particulièrement le rapport texte-image. Et qui est la spécialiste du rapport texte-image en Asie du Sud-Est ? C'est moi ! Tout naturellement, Jany m'a demandée de participer à la bonne marche du concours en ce qui concerne la partie image. Alors, samedi matin, je suis allée faire un petit talk à l’Idecaf pour expliquer aux participants comment ils pouvaient mettre en image leur texte qu'ils n'avaient pas encore écrit d'ailleurs. Ils étaient sages comme des images, je n'ai pas trop su s'ils avaient aimé ou pas mon « talk », on verra bien quand ils enverront leurs images. Bref, c'est quand même la première fois que je travaille à Saigon dans mon domaine, je suis assez contente même si l'ambiance au service culturel n'est pas très joyeux…
J'ai encore oublié de vous parler de la venue en décembre dernier de Rachid Ouramdane, chorégraphe contemporain français, qui prépare un spectacle aux Abesses avec Aldo Lee, faiseur d'images, en mars autour de la mémoire, de notre mémoire à nous les Viet Kieu... mais ça mérite sans doute un billet en entier et en particulier.
Je prépare ma prochaine formation à Battambang le 4 février. Enfin c'est plutôt, Hélo et tout le Sipar qui préparent des belles maquettes que je vais soumettre aux mêmes stagiaires que la dernière fois. Pendant qu'ici le grand Têt se prépare et je ne suis pas mécontente de quitter Saigon à ce moment-là. Les gens commencent à faire d'énormes courses dans les supermarchés, il y a une gigantesque euphorie, c'est un grand moment pour les Vietnamiens. Moi, je ne me sens pas toujours vietnamienne ! Enfin, vous savez, les grandes fêtes obligatoires, bof, bof !
Et puis, pour être très honnête, pour vraiment parler de mon quotidien, il faudrait que j’évoque notre colocation qui va très, très mal (mais de mon point de vue seulement, pas celui de mon roommate). Je ne peux pas entrer dans les détails simplement dire que j'ai envie d'habiter seule et que nous cherchons une solution. En attendant, je suis allée squatter chez Bertrand et Sandrine une semaine dans leur bel appartement tout blanc avec mezzanine qui m'a fait cruellement penser à mon appartement parisien. C'était bien. Et très régulièrement, je m'enfuis de la maison. Parfois, le moral chute ! C'est quand même important de se sentir bien chez soi.
Et puis, merci à tous pour vos bons vœux d’Europe, tous, tous très chaleureux.