Abeille sur la Banane sur le Chapeau
Par anna tuyen tran le mercredi 12 septembre 2007, 09:43 - General - Lien permanent
Mini coup de blues ce week-end parce que, encore trop de fête et trop
d'alcool… C'est impossible ici de faire la fête sans boire, c'est dans l'air du
temps et celui de la ville, encore plus celui des boîtes de nuits où l'adage
« sans alcool, la fête est plus folle ! » ne s'applique pas du tout.
Une légère envie de rentrer en France aussi, peut-être, après plus d'un an et
demi ici pour revoir ma petite famille à Nantes et mes amis à Paris. Mais
Matthieu arrive bientôt et puis je reçois un mail d'autres amis qui viennent
fin octobre : tout plein de bonheur en perspective. Passer Noël en France,
c'est exclu, comme vous imaginez alors... bon, ben, on verra ! Alors
j'envoie un mail en France, un simple « Comment ça va ? », parce que
j'ai l'impression que tout le monde sait de tout de ma vie en lisant le blog et
puis, en retour, on oublie de me donner des nouvelles, à moi, ici, au bout du
monde. Et très vite, je reçois de longs mails, de très longs mails, me
décrivant les activités des uns, des autres, en détail, beaucoup font allusion
à la politique en France (à suivre). Et ça fait vraiment plaisir de vous lire,
plus que ça, ça fait du bien !
Hier une journée comme je les aime à Saigon : réveil en douceur vers huit
heures (c'est tard pour ici mais pour moi, c'est parfait !), je déplace le
meuble-hifi du proprio contre un autre mur sans vraiment savoir pourquoi,
histoire de changer, histoire de dire qu'il sera moins moche ici mais non,
c'est assez raté, tant pis ! Je reçois un coup de fil de Tan, professeur
en psychologie franco-vietnamien avec qui j'ai déjeuné dimanche, un ami de
Thuan, lui même ami de Sam. Tan est presque à l'âge de la retraite, il est
passionné et passionnant avec humilité et sagesse. Il organise des colloques de
psychologie au Vietnam, plutôt à Hanoi, donne aussi des cours au Vietnam et en
France à Paris. Il me fait penser à Tri, la même histoire : originaire du
Mékong, débarque en France en 1954, ne parle pas très bien vietnamien parce
qu’éducation française à Saigon… On discute de mon projet d'édition, il trouve
l'idée très intéressante parce que, lui aussi, bien sûr, dit qu'il y a un
public. On va déjeuner dans une de mes bonnes vieilles cantines viet sous une
fine pluie rafraîchissante. Il a un regard et un sourire malicieux qui en
disent long de son expérience. Je récupère un matelas que nous avions prêté à
Olivier parce qu'on devait récupérer à notre tour le lit d'un copain de Sam
mais ça n'a pas pu se faire pour des raisons mystérieuses de longues
incompréhensions et quiproquos sans nom, bref, le matelas revient avec un
monsieur cyclo et mon xe-om préféré, Cung, tous deux dégoulinant de sueur. Et
puis Cung me dépose à la poste où m'attend un paquet de France. Il faut bien
dire que c'est un de mes moments préférés : aller à la poste chercher un
paquet. Le paquet d'Agathe et Jean Vincent est bien gros, je suis toute excitée
comme une gamine qui reçoit un cadeau d'anniversaire. Nous passons par le
marché Ben Thanh et de retour à la maison, j'ouvre mon paquet avec Cung qui ne
comprend pas très bien ce que je viens de recevoir. Mais c'est un petit miracle
que je viens recevoir : des flip-books, des livres, des cartes-jeux, un
abécédaire. Des illustrations et des textes de Jean Vincent (Sénac) absolument
divins. Je ne pleure pas, mais... Un grand, un grand merci... Les enfants ne
tardent pas à pointer leur nez pour aller dessiner dans ma chambre. Elles ne
sont que deux, c'est bien, elles n'ont pas vraiment besoin de moi, sagement,
elles s'installent et sortent les crayons et les feutres de leur boîte en
plastique. Je leur fais vraiment confiance et ils ont tous bien compris quelle
unique étagère de la bibliothèque était à leur disposition. Il n'y a pas de
souci. Lucien appelle, il a envie de fromage et de vin : facile !
Enfin, non, pas si facile surtout pour le fromage, mission un peu ratée au Zen
Plazza : camembert président dans un emballage futuriste sans aucun goût,
et gouda français d'une fadeur au palais impressionnante. Le vin du caviste
dans la rue est bon, le pain, sorti du four, n'est pas terrible. On s'installe
dans le patio, pour changer un peu et se sentir à la campagne : il y a un
air de famille en pique-nique avec nos enfants qui crient partout !
D'ailleurs très vite, c'est l'invasion, hop, tout le monde dehors, ouste !
Il faut dire qu'il y a une ambiance spéciale dans la ruelle. Une vieille
voisine est morte hier, je la voyais malade dans son lit depuis quelque temps.
Alors, on installe les tables dehors, on invite les voisins. Le corps de la
vieille dame est dans son lit sous la moustiquaire, la porte ouverte. Il y a
des bananes posées sur son ventre. Dans quelques jours, ce sera la cérémonie
avec tout le monde en blanc, beaucoup de nourriture, de musique et d'encens
pendant toute la journée. Et puis coup de fil de Im Lim, le traducteur
cambodgien avec qui je travaille pour les formations au Sipar et à Phare au
Cambodge, il est à Saigon pour le travail, et passe à la maison. C'est rigolo
de le voir ici ! Hoa, notre voisine, m'offre un tee-shirt orange à manches
longues, elle me dit que je ne protège pas assez mes épaules du soleil comme
les Vietnamiennes ! Cette nuit, je dors à l'étage dans notre espèce
d'espace télé, il fait un peu chaud mais dans ma chambre, c'est vraiment trop
bruyant.
Je dédie ce billet à Chonchon...

Commentaires
oh merci mon chonchon !
pour ce grand billet
tous ces détails
ces p'tits bouts de vie.
Après mon week end tout joli
v'là la semaine qui revient
avec son traintrain
alors un peu de ta vie
ça fait du bien
des bisous
Hi,
Dis moi, tu travailles avec Phare? Ils sont bien de Battambang c 'est ça? Si c'est eux, bah j admire vraiment ce qu ils font. Je ne l ai connais pas persos, j etais juste de passage, je connais qqun qui a travaillé pas mal avec eux.
Biz d'Alsace.
Dung, oui c'est bien Phare Ponleu Selpak de Battambang... Il paraît que leur spectacle de cirque est extraordinaire ! J'espère que je verrais des répétitions là-bas mais je crois que les élèves seront en tournée quand j'y serais... Bises de Saigon