Ce matin, mardi, je monte sur la terrasse avec mon petit ordi pour mettre à jour le blog. J'adore cette terrasse ombragée au dernier étage de la guest house. Je sais qu'elle va me manquer. L'ambiance ici va me manquer et le confort aussi. En ce moment le matin quand je me lève dans ma petite chambre très calme, j'ai toujours un petit nœud dans l'estomac qui me fait dire : « Et si je ne pouvais pas dormir dans la maison ? Et si j'allais être réveillée tous les matins à six heures par les voisins comme c'est souvent le cas dans ce pays ? » Ma chambre est particulièrement calme ici, je n'entends rien et je sais que c'est très rare. Bref, rien de très grave, juste peur de quitter mon petit cocon.
Comme toujours les jours ici passent à une vitesse folle. Jeudi matin, je vais signer le contrat de la maison avec Viet, mon prof de viet et sa copine Lili. Ça dure des heures, il y a des erreurs dans le contrat, Monsieur Nam repart le corriger dans son agence et revient. Mais je n'ai pas mon passeport, je l'avais bien dit à Monsieur Nam que j'attendais mon dernier visa et que je ne pouvais pas signer dès jeudi. Donc après de bonnes heures de palabres, heureusement que Viet était là, nous reportons la signature du contrat à lundi. Bon. Je ne reverrais pas Viet avant son départ en Arabie Saoudite. Il est ingénieur et va s'exiler là-bas pour travailler dans le pétrole. Pourquoi pas ? L'après-midi je récupère mon passeport, visa jusqu'au 1er janvier 2008 en poche. C'est comme ça ici, tous les six mois, on va faire faire nos visas de six mois, multi-entrées (pour pouvoir aussi sortir du pays). Et on est très nombreux dans ce cas, même avec un contrat de travail d'un an, il n'est pas rare d'avoir un visa de touriste de six mois à renouveler. Ça prend une semaine, et ça coûte des sous, sinon, ce n'est pas très compliqué !
Vendredi soir, je dîne avec Michel, un copain de Delphine, qui travaille à Nha Trang. Cela fait plusieurs semaines que Delphine me parle de son ami dont la fille vient faire un stage d'un mois à Saigon. Je réserve une chambre pour elle à l'hôtel. En fait, le Michel, je le connais, je l'ai rencontré à une soirée il y a quelque temps à Saigon. Michel est français, d'origine vietnamienne, il parle un vietnamien impeccable. Et nous voilà reparti dans ce genres de discussions que j'ai souvent ici : les Viet-Kieus, le retour au pays ! Le soir, grosse Jetlag au Manna un peu comme d'habitude, un peu toujours les mêmes, un peu la bouteille vodka qui n'a pas fait long feu. Il y a le fan club qui est toujours content de se retrouver, il y en d'autres qui traînent un peu des pieds pour venir, et encore d'autres qui ne viennent pas parce que le Manna, c'est trop cher ! Nos dj préférés sont là : Tam, Beton, Fugu. Les photos fusent (un peu toujours les mêmes aussi) dans tous les sens et vont bientôt se retrouver sur le net. Je rencontre Antoine, un jeune architecte français, avec qui jusqu'à présent je n'avais communiqué que par mail ou par téléphone car nous recherchions le même genre de maison en même temps. Avant minuit, l'ampli pète et la fête s'arrête abruptement. Nous allons boire un verre au Long Phi. Avec Vinh et Olive, on discute encore de notre situation de « half-french, half-vietnamese », ce qui fait du pourquoi on est bien ici et pas ailleurs, de ce qui nous émeut nous.
Samedi matin : gueule de bois ! Petit déjeuner avec Sam dans le quartier en attendant Clo (du Sipar) qui arrive de Phnom Penh par le bus pour le week-end. Il n'y pas de chambre pour elle à la guest house, pourtant Loi, à la réception, avait bien noté dans son petit carnet que j'avais besoin d'une chambre mais il ne me prévient pas et avec un grand sourire typiquement vietnamien, il me dit : « I'm sorry. » Dans ces cas-là, on a quand même un peu envie de s'énerver en sachant que ça ne sert strictement à rien. Je trouve une autre chambre pour Clo en face. Elle arrive enfin vers une heure et des poussières et nous allons déjeuner avec Vinh dans ma petite cantine du coin. On passe faire un petit coucou à Sam, Delphine et Patricia qui déjeunent près du marché et puis on se ballade à pied dans les jolies ruelles de la ville, on va acheter des livres, on va boire un jus de fruit chez Givral parce qu'il se met à pleuvoir. On fait les petites boutiques chic de Dong Khoi et je reçois un texto d'Antoine qui propose un apéro pain-vin-boursin pour ceux qui n'ont pas pu s'inscrire à la garden party chez le consul, et oui, nous sommes le 14 juillet ! Moi je suis inscrite mais pas mes potes et puis « la tenue correcte exigée » obligatoire me glace un peu. Je n'irais pas. Alors, avec Clo, on passe au « Cochon d'or » acheter un saucisson. Et puis on rentre doucement à la maison en passant par la case une heure de shampoing. Nous partons en haut de Hai Ba Trung en xe-om, cette abominable rue, toujours bondée, toujours bruyante surtout un samedi soir à huit heures. La maison d'Antoine est mignonne, classique « up and down » sans lumière. Antoine n'a pas trouvé de boursin, il y aura du camembert à la place. Les gens arrivent tard souvent après la garden party du consul vêtu de leur tenue correcte exigée. Ambiance frenchy sympathique, les jeunes stagiaires de l'été ont débarqué à Saigon !
Dimanche avec Clo : piscine, banh xeo, massage, sieste et ciné, c'est parfait ! Une pluie battante s'abat vers sept heures, impossible de trouver un taxi dans la rue, Vinataxi ne répond pas au téléphone, le réseau est saturé. Au bout d'un certain temps sous la pluie, enfin, un taxi libre s'arrête devant nous. Au Manna la projection va bientôt commencer. Il n'y a pas grand monde, je retrouve Delphine, Patricia, Pierre, Antoine (qui organise le ciné-club), Antoine (celui du 14 juillet) et Florent (du Manna). En guise de court-métrage, on montre un dessin animé français qui se passe au vietnam, un truc très joli que j'avais déjà vu sur Arte je pense. Et puis « 3-Iron » (« Locataires en français ») de Kim Ki Duk, un film coréen : splendide ! Et on est bien là, dans ces gros fauteuils lounge du Manna. Et pour finir, petite crêpe chez Fanny pour dire au-revoir à Clo.
Lundi matin, signature du contrat pour la maison, enfin ! Ça dure encore un peu mais je ne repartirais pas avec le contrat sous le bras parce qu'il faut un peu de temps pour m'enregistrer à la police. Bon ! Je déjeune avec Justin et part à l'aventure avec Huy, viet-kieu français, à la recherche du fournisseur d'accès à internet le plus intéressant. Au lieu de téléphoner tranquillement, nous arpentons les rues de Saigon en moto. Huy parle bien vietnamien mais ce n'est pas toujours facile de communiquer ! On se retrouve dans une agence au bout de la ville dans le quartier Phu Nuan pour s'entendre dire qu'il y a une autre agence sur Pham Ngu Lao, soit à deux pas de la maison. Ce n'est pas très grave, on a bien rigolé (merci Huy !) Le soir, petite soupe avec Justin qui n'a pas grand moral depuis qu'il a décidé de fuir Saigon. Et je retrouve Sam pour l'accompagner à dîner. On fait le point sur la maison, il y a tant de choses (et de dépenses) à faire, hou la la !