26/24/24 Do Quang Dau
Par anna tuyen tran le vendredi 6 juillet 2007, 10:51 - General - Lien permanent
L'aventure (celle de rechercher une maison) n'aura pas duré très
longtemps ! C'est toujours ce même paradoxe ici : tout peut aller
très doucement pour faire certaines choses comme tout peut aller à une vitesse
surprenante et il faut même se dépêcher sans trop réfléchir. Et c'est le
cas ! Lundi, je visite une première maison tout près du bureau dans une
des petites allées que j'ai arpenté mille fois en regardant s'il n'y a pas une
petite pancarte : « nha cho thue » qui signifie donc
« maison à louer ». C'est une maison typiquement vietnamienne qu'on
appelle « up and down » parce que les escaliers sont raides et
étroits, la maison aussi est étroite en général à deux ou trois étages, le
salon en bas tout sombre, la cuisine, au premier étage une ou deux chambres, la
même chose au deuxième étage, et souvent une terrasse au dernier étage. Ces
maisons sont assez froides, souvent sombres mais parfois c'est bien parce qu'il
peut y faire très chaud. Bref, celle-ci sur Li Thi Rieng, c'est ce genre là
avec un petit d'espace devant la maison pour ranger les motos derrière un gros
portail. La propriétaire a l'air toute mimi sauf que, ben, elle habite dans la
maison juste derrière une petite porte au fond de la cuisine qu'elle m'ouvre
pour me montrer une pièce sans lumière où elle vit avec sa famille :
gloups ! Au premier étage, il y a une grande chambre séparée par une baie
vitrée pour faire comme si il y a avait deux chambres ! Il y a une autre
pièce à cet étage mais c'est aussi à la propriétaire. Là, ça ne va pas être
possible ! C'est dommage le rez-de-chaussée était chaleureux avec des
jolis carreaux au sol ce qui est très rare dans les maisons ! Bref,
monsieur Nam de l'agence a l'air de bien comprendre ma déception et m'emmène
voir un appartement. Je préfère une maison mais pourquoi pas si ça ressemble au
bureau ou à l'appartement de Sandrine et Bertrand. Nous allons dans le district
4, il faut traverser le pont, je me dis qu'en vélo, je n'arriverais même pas à
monter cette côte ! Et loin, loin, on traverse des routes boueuses qui
longe le chemin de fer pour arriver à un immense immeuble tout neuf surveillé
par un gardien : une sorte de parc à étrangers ou vietnamiens super
riches. Je regarde Nam toute déçue en lui disant que ce n'est pas la peine de
visiter, je ne veux pas habiter ici ! Il a compris ce que je veux et me
rappelle dès qu'il a autre chose à me montrer. Le lendemain, mardi, j'ai
rendez-vous à 8.30 avec une autre agence pour une visite. Mais à huit heures,
texto en vietnamien : la maison est déjà louée. A midi, pendant que je
déjeune avec Aline et Roma pour leurs dernières heures à Saigon, texto de
monsieur Nam : « Anna, there is a nice house available in your chosen
area. Can you wait for us in front of KFC behind The New World Hotel in
fiveteen minutes? » Ça se passe comme ça. Je confirme par un
« Ok » efficace et enfourche mon vélo. J'aime bien le quartier aussi
très central sur Co Giang. La maison est dans une allée vraiment, vraiment très
sombre. La maison « up and down » est refait à neuf mais avec goût.
Il n'y a pas du tout de petite cour devant la maison pour ranger les motos,
dans ces cas-là, on les gare dans le salon, c'est très fréquent ! Le
rez-de-chaussée est vraiment très sombre, on ne peut absolument pas y vivre
sans lumière la journée. Ici, quand on dit lumière, c'est par défaut :
néon ! Il y a une porte au fond de la cuisine. Je me dis, il y a peut-être
un peu de lumière derrière : raté, c'est le mur du voisin, tout gris à
cinq centimètres de mon nez ! A l'étage une sorte de mezzanine au-dessus
de salon mais trop petite pour y faire quoi que ce soit, et une chambre si
petite qu'on ne peut même pas mettre à matelas deux places, aucune fenêtre,
très bas de plafond. Il y a exactement la même chambre au deuxième étage et une
chambre plus grande avec une fenêtre. Et une très belle terrasse au dernière
étage. Le propriétaire me propose immédiatement de faire une fenêtre dans une
des chambres. Il a l'air tout triste que sa très belle maison refait à neuf ne
me plaise qu'à moitié. Je montre à monsieur Nam le souci dans les toutes
petites chambres sans fenêtre : « Regardez, là, dans cette pièce, je
ferme la porte, moi, je ne respire pas et vous ? » En réponse : un
sourire… Bon, ce n’est pas grave, on continue les visites ! Là, il
commence à pleuvoir des trombes d'eau et on est obligé de s'arrêter. C'est ma
première mousson en vélo, je n'aime pas du tout ça ! On repart, sur la
route, je perds Monsieur Nam mais bon avec les téléphones portables, ce n'est
pas dur de se retrouver. Nous tournons à droite dans la rue juste derrière
l'hôtel puis à gauche dans une toute petite allée qu'on appelle ici « hem
», et puis encore à droite. Tout au fond de l'allée, une impasse, derrière, une
petite grille fermée avec un verrou (comme partout) et une dame qui nous ouvre
la porte et là, je tombe sous le charme, comme ça ! Le salon est immense,
c'est très rare ici, carré (nous calculerons par la suite, il doit faire 40 m2
environ), la cuisine est ridicule. Il y a une salle de bains en bas. A l'étage,
une petite chambre avec salles de bain, un petit cagibi, un grande espace entre
les deux qui ne peut pas vraiment faire chambre mais un bel espace commun ou un
bureau, un balcon qui fait tout le tour de la maison. Et puis surtout, au
rez-de-chaussée une pièce totalement indépendante de 30 m2 environ qui peut
faire une très joli chambre-bureau avec un bon coup de peinture. La maison est
vieille, on dirait une maison de campagne, rien à voir avec les maisons
« up and down » avec des escaliers en faux marbre tout durs ! La
maison est situé à deux pas de l'hôtel, très central donc mais j'aurais pu
éviter de rester dans le quartier routard ! Et là, la négociation
commence. Elle durera deux jours. Le souci, c'est qu'il faut se dépêcher parce
que les maisons se louent en cinq minutes. Ça stresse un peu. Le truc, c'est
que je me sens bien dans ce grand salon une fois que les imposants meubles des
propriétaires auront disparu ! Je reste presque deux heures avec la
propriétaire, son frère, monsieur Nam de l'agence et son collègue. Ils doivent
quitter le Sud pour aller vivre à Hanoi. Mais je dois tout de même avoir l'avis
de Sam. Je propose de revenir le soir, du coup, ils nous invitent à dîner. De
retour à la maison, j'hésite, ce n'est pas du tout la maison de mes rêves, il y
a toute la peinture à faire et pas mal d'investissement en matière de meubles,
même basiques. Et le prix du loyer n'est pas si peu cher et il faut laisser
quatre mois de dépot de garantie, c'est énorme ! Par rapport à ce que je
paie tout compris à l'hôtel, je ne vais pas faire d'économie et Sam non plus.
Bien sûr, on sera chez nous, ça n'a rien à voir sauf que je me sens chez moi à
l'hôtel aussi. Bref, on voudrait réfléchir mais nous n'avons pas vraiment le
temps de réfléchir. Je retourne à la maison avec Sam, une bouteille de vin à la
main. Le proprio aura d'ailleurs le même vin chez lui, la surprise est un peu
raté. Sam aime bien la maison, comme moi, il trouve qu'elle a besoin d'un gros
coup de peinture, comme moi, il sait qu'on ne va pas faire d'économie. Et comme
moi, il a besoin de réfléchir. Nous dînons là en trinquant toutes les trois
minutes. Et puis quand même, on se donne la nuit pour réfléchir. Mais le soir,
après mûres réflexions, on se dit que je n'ai visité que trois maisons, ce
n'est pas beaucoup, que je peux continuer au risque de perdre celle-là. Alors,
on dit : NON. Mais le matin, on ne sait plus, on hésite. Je vois deux
autres maisons ce mercredi. Une vraiment pas chère dans une allée sur une des
plus grosses avenues de Saigon, Nguyen Thi Minh Khai, pas très agréable, une
autre pas mal, dans un quartier sympa mais bon, une maison sans charme. Alors
le soir, je retourne avec Sandrine dans la fameuse maison pour avoir un autre
avis. Elle la trouve bien, elle dit qu'on peut en faire un truc vraiment sympa,
ce dont je suis sûre. Echanges de coup de fil avec Sam et nous décidons de la
prendre, monsieur Nam revient avec son contrat de réservation, je laisse un peu
de sous, je signe et voilà. Mais je doute encore : argh! Et si elle était
bruyante, et si on ne dormait pas bien dans cette maison, et si, et si… Je
voudrais y vivre un jour et une nuit pour voir si ça va mais ça, ce n'est pas
possible ! Entre temps, l'agence qui s'occupe de mon appartement à Paris a
trouvé une locataire pour une année, ça c'est une bonne nouvelle. C'est encore
l'heure de quelques négociations, décidément ! Et ce matin, j'apprends que
Bayard a annoncé officiellement son déménagement. Bayard quitte la prestigieuse
rue Bayard du huitième arrondissement. Dans un an, sa nouvelle adresse
sera : 18 rue Barbes, à Montrouge…

Avant les photos de la maison, le nom de la rue…

et ma future adresse : 26/24/24 Do Quang Dau

Commentaires
On veut des photos de la maison !
oui ! des photos ! des photos !
Le Long Phi.. là forcément, tu es pas très loin de tes habitudes...
Mais bon, c'est central, pratique, tu n'es pas obligé d'avoir une moto pour te déplacer.
C'est chouette :)
oooh bah en v'la des news!! bon, prévois tu une date pour la crémaillère? ;-)