Tout va bien à Phnom Penh, vraiment bien ! La formation continue doucement, c'est assez laborieux, les stagiaires prennent leur temps, ils ont plutôt l'habitude d'illustrer et seulement illustrer. Là, je leur demande de concevoir un livre à l'intérieur d'une collection, c'est un peu plus compliqué. On fait, on défait, on refait. Mais l'ambiance est bonne, il y a beaucoup d'échanges, je les trouve changés depuis l'année dernière, plus mûrs. Lundi, je vais voir le kiné d'Héloïse, un Français installé ici depuis très longtemps, mais j'ai l'impression qu'il n'y a rien à faire pour cette sciatique qui semble vouloir s'installer. Bof ! Mardi, j'emmène les stagiaires à la Galerie Popil pour voir l'expo-photo de Stéphane Janin. C'est tout prêt du Sipar mais on prend quand même un mini-bus, hop, hop ! Stéphane leur explique son travail, comment il utilise cette drôle de petite boîte noire avec juste trois petits trous qui prend des photos façon sténopé, dérivé de camera obscura. Les stagiaires ont l'air intéressé. A suivre…
Mardi soir, je dîne avec Jacqueline et Jean-Pierre, un Français installé à Bangkok qui vient faire une étude sur la place du livre jeunesse au Cambodge pour le Sipar… Et jeudi, 21 juin, c'est la fête de la musique et c'est un peu plus la fête qu'à Saigon sur les marches froides de la médiathèque. Au CCF (centre culturel français), il y a un concert avec des artistes khmers. Je retrouve l'équipe du Sipar autour d'un verre, puis Julie (la copine de Nico de Saigon), puis mon traducteur, une fête de la musique où l'on croise les gens par hasard, comme ici ou ailleurs. La pluie se met doucement à tomber et je décide de rentrer, tant pis pour High Tone, un groupe électro frenchy que je vais rater (qui jouait aussi à Saigon il y a deux jours). Vendredi soir, c'est de nouveau la fête de la musique dans plusieurs bars de la ville, il y a même le choix ! Je vais rejoindre Clotilde (du Sipar) à La Gasolina où son mari joue de la trompette. Dans un grand jardin, on s'installe dehors dans des grands lits avec des gros coussins : très sympa ! Je rencontre Benjamin, un autre copain de Nico que j'avais vu à Saigon. Je grignote avec les musiciens et nous partons au Miles pour un concert jazzy improvisé sur la terrasse. J'en profite, il n'y a pas ce genre de choses à Saigon, ce genre d'endroits. Cela dit, les Khmers n'ont pas l'air d'apprécier la musique vers minuit et les pierres commencent à tomber sur nos têtes. J'aurais aimé passé à Meta House pour une soirée électro mais ça doit être fini, dommage ! Samedi, journée toute tranquille et le soir, nouveau concert cette fois au Raffles Hotel Le Royal, sans doute le plus bel hôtel de Phnom Penh, pour Vis-à-Vis, festival de musique de chambre. Au programme : violon, violoncelle, piano et Schumann, Debussy, Ravel. Pas mal du tout ! Je discute avec Florianne, une Américaine au français impeccable qui habite aussi à mon hôtel, ancienne prof de cinéma aux Etats-Unis, très sympa et puis nous partons dîner dans un restau libanais, le seul de la ville, avec des amis de Clotilde. C'est très bon, un peu cher, dommage que Crohn ne semble pas apprécier. Je me sens comme un poisson dans l'eau dans cette ville que je commence à connaître et à vraiment apprécier. Mais je crois que ce que j'aime dans tout ça, c'est le changement !

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L'entrée du Sipar en fleurs. Il y a des fleurs partout dans Phnom Penh…

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Sokhom à la galerie Popil

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La Gasolina, de jour

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Le Centre Culturel Français (à gauche : Benjamin)

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Stéphane Janin expose aussi au CCF : « Rotess Plœung »

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Dans le centre, ça brille !