J'adore venir à Phnom Penh dans les conditions que m'offre le Sipar. Nous avons attendu la pluie toute la semaine sous une chaleur vraiment accablante, et enfin, vendredi, à la fin des cours, c'est tombé ! L'hôtel me loue un vélo et rouler dans Phnom Penh, c'est un vrai bonheur. Il y a, certes, un peu de circulation mais même vers cinq heures quand tout le monde rentre chez soi, je ne sens pas vraiment le danger au milieu des voitures et des motos. Ici, c'est la campagne ! La formation se passe très bien, il y a des nouveaux stagiaires et aussi des anciens, les mêmes avec qui j'avais travaillé en octobre l'année dernière. Nous travaillons à l'élaboration d'un imagier, très simple, pour les petits. Il faut tout faire, choisir les thèmes, lister les mots, définir un format, un nombre de pages pour chaque imagier, le nombre d'imagier, travailler la maquette. En fait, on a passé quasiment toute la première semaine à faire des chemins de fer, les pauvres ! Les horaires ne sont pas épuisants même si je rentre fatiguée, il faut pas mal d'énergie pour mener une formation. Mais je me sens bien, dans mon élément à manipuler des choses que je connais, et que j'ai envie de faire partager… et on dirait que ça marche ! Je ne sors pas beaucoup, sinon pas du tout, je me fais des petites plats dans la petite cuisine, je me promène à vélo, je profite de ces rues calmes et parfois désertes pas trop le soir, les rues sont vraiment très mal éclairées, ce n'est pas toujours très rassurant. Je me couche tôt, je me lève tôt, ça fait du bien un rythme un peu sain !
Jeudi soir, je suis allée à la Galerie Popil où j'ai rencontré le photographe qui expose en ce moment, «The substance beneath the visible», et qui est aussi le directeur de la galerie. C'est un Français, Stéphane Janin. Hélas, il ferme très bientôt la galerie et quitte le Cambodge. J'aime bien son travail en noir et blanc. Je vais essayer d'organiser la venue des stagiaires du Sipar pour une petite visite de la galerie et un talk de l'artiste, vous savez comme on aime les talks dans la région ! Samedi, après un peu de shopping au marché russe, je suis allée retrouver Julie et Roma, des amis de Saigon de passage à Phnom Penh, à la Meta House, un nouveau lieu dédié à l'art contemporain ouvert depuis janvier et crée par Nico Mesterharm, un Allemand, réalisateur de films, que j'avais déjà rencontré à Saigon. Pendant deux jours, a lieu « Cambofest », un festival de films et des vidéos. Nous regardons quelques vidéos affalés sur des matelas sous les ventilateurs et Julie et Roma, tous deux d'origine russe, m'emmènent justement dîner dans un restau russe. Un peu plus tard dans la soirée, Jacqueline arrive de France pour travailler une semaine avec le Sipar. Et nous refaisons le monde de l'édition ! Bref, tout va bien… enfin !

pp201.gif
Là, c'est la vue de mon petit endroit pour un bon expresso…

pp200.gif
Un restau russe à Phnom Penh, pourquoi pas ?