Comme un dimanche soir à Paris, je vais au cinéma sauf qu'ici c'est beaucoup plus rare. Sans trop savoir ce que nous allons voir, Sam et moi, on débarque au Galaxy, pourvu que le film soit en anglais. Pas le choix : « Blood and chocolate », une sorte de navet sans nom, une histoire débile de loup-garou à Budapest. On sent une légère bonne intention de la part des scénaristes mais vraiment, c'est très mauvais ! La salle est comble, et comme toujours les Vietnamiens sont bavards, font du bruit en mangeant je ne sais pas bien quoi et rient à des moments qui ne sont pas les mêmes que nous ! C'est vrai qu'on peut se demander un peu ce qu'on fait là... Mais moi, j'aime bien, je suis au ciné quoi ! Et c'est l'heure de rentrer... Elections obligent. Bon !
Et puis, hélas, tous mes maux ne disparaissent pas dans ce pays enchanteur ! Mon vieux dos meurtri par d'anciennes douleurs jamais vraiment disparues veut du repos. Peut-être ce pourtant merveilleux massage sur Hai Ba Trung samedi avec Sam aura déclenché une sciatique tout le long de ce nerf, sciatique lui aussi. Ça fait mal ! Alors, je suis allée voir une kiné française aux méthodes dites douces installée depuis dix ans à Saigon et elle m'a dit : « Y a du boulot ! », pour non seulement faire disparaître cette douleur du moment et puis aussi éventuellement rétablir mon corps tout en déséquilibre. Mon dos est trop raide, mes omoplates n'ont pas assez de place, dit-elle encore, et ce sont mes petites jambes qui tenteraient de porter tout mon corps... et ça casse ! La mousson, qui arrive bien tôt cette année, n'arrange rien ! Alors sans doute vais-je aller voir cette madame kiné régulièrement à moins que je ne trouve un médecin vietnamien qui me soigne à sa façon, quelque chose de plus asiatique !
Enfin, aujourd'hui, j'ai écrit ma lettre de démission de Bayard, il n'y a plus qu'à l'envoyer avant la fin du mois, date de fin de mon congé sans solde après mon congé sabbatique. Elle n'est pas longue cette lettre mais j'ai eu bien du mal à l'écrire. Pourtant, je ne veux pas rentrer en France, c'est décidé depuis un moment déjà. Mais quitter Bayard, officiellement, après toutes ces années, ça fait tout drôle ! Quand j'ai fait mon pot de départ pour mon congé sabbatique, je n'avais pas imaginer une seconde que c'était un pot de départ tout court. Je sais qu'il y aura toujours des doutes. Mais j'espère que ça n'empêchera pas mes espions là-bas de m'envoyer les dernières nouvelles de radio-bayard, j'adore !