Sometimes I feel so happy, sometimes I feel so sad… comme dirait Matthieu ou comme dirait la chanson, c'est selon. Il y a des hauts et des bas, il y a des jours avec et des jours sans comme avant, comme en France, comme tout le monde... Il y a peut-être plus de doutes ici, il y a d'autres questions qu'on se pose, des questions « d'expat » parce qu'on n'est pas chez nous quoi qu'il arrive. La première fois qu'on rencontre un occidental, la même question est toujours posée : « Tu es là depuis combien de temps, tu comptes rester combien de temps ? » Et de la France ou d'ailleurs, on me demande toujours : « Quand est-ce que tu rentres ? » Alors, il faut bien y penser, il faut bien y répondre même si on ne sait pas, même si on voudrait ne pas se poser cette question, même si on voudrait juste se sentir chez soi… et le doute s'installe. (Et fuck!)
Bref… En mangeant une délicieuse soupe pho au coin de la rue, je pensais au billet que j'allais écrire ce soir parce que je vois bien que vous manquez de petites anecdotes. Certes ma vie ne ressemble plus à celle de mon arrivée (tout me semble si loin), et des anecdotes typiquement vietnamiennes, il doit bien y avoir tous les jours mais, voilà, elles me paraissent de plus en plus habituelles. L'autre jour quand même, sur mon vélo, je me suis rendue compte à quel point c’était dangereux de freiner au feu orange et de s'arrêter. Personne ne freine au feu orange même très orange, tout le monde accélère. Et quand, moi, je freine, je suis sûre de me faire emboutir violemment par la personne qui arrive derrière en moto. Et, limite, elle klaxonnerait parce que je me suis arrêtée ! C'est comme ça. Bref, je pensais à mon travail, à celui de Paris... Et en ajoutant un peu de soja frais dans ma pho au bœuf, je réalisais que mon travail me manquait. Pas Bayard, pas vraiment, mais les livres et les revues pour les enfants, et ma relation aux illustrateurs, et les histoires qu'on fabriquait. C'est à ça que je pensais. Après…