Cinq heures à table !
Par anna tuyen tran le vendredi 29 décembre 2006, 18:02 - General - Lien permanent
Dimanche 24 décembre, Bruno arrive de France. Vous savez, Bruno, c'est Tac.
Amoureux du Vietnam et de Saigon en particulier, il n'a pas résisté, il est
revenu trois mois à peine après son stage avec Tic. C'est drôle de le voir ici,
c'est comme s'il n'était jamais parti.
Le soir, ben, c'est Noël, on se retrouve tous chez Justin pour aller
dîner : Sandrine, Bertrand, Julie, Rob, Bruno, Thu, Koji un ami japonais
de passage. Entassés à neuf dans un taxi, on s'enfonce dans les embouteillages
de la ville. Ça klaxonne encore plus que d'habitude. Devant l'église, on a du
mal à se faufiler tellement les gens se bousculent. Tam et Gulshan et un couple
de leurs amis venus de France nous attendent au Toit Gourmand, le fameux
restaurant. On s'installe à la belle table dressée pour l'occasion dans le
jardin. On est treize, mauvais présage ? Et là, pendant exactement cinq
heures, entrées et plats se succèdent (tout est fait à la main) dans un rythme
parfait comme une partition de musique dira Bertrand, une œuvre d'art. On
réalise tous à quel point cela fait si longtemps qu'on n'a pas mangé aussi
bien. Peut-être jamais d'ailleurs. Il est vrai qu'en France, on n'a pas
vraiment les moyens de dîner dans un tel restaurant. Les entrées, trois ou
quatre, sont légères et raffinées. Et le cha gio au foie gras avec sa purée de
compote merveilleusement composée dans l'assiette sans excès, un régal plus que
ça même. Il y a juste le pigeon, là, non, l'odeur est trop forte ainsi que le
goût. Je le laisse de côté. Trou normand au milieu du repas, divin ! Et
puis, plat... et puis fromage essentiellement chèvre et puis dessert... et puis
champagne... et puis café... et puis digestif offert par la maison. On commence
à se sentir un peu lourd sur nos chaises mais HEU-REUX ! L'addition est un
peu douloureuse plutôt indécente dans un pays comme le Vietnam. Mais c'est noël
et ses folies ! Je pars en taxi avec Bruno et Thu faire un tour au Lush.
C'est bondé, encore plus que d'habitude : une petite bière et au lit
!
Le lendemain, en traversant le parc pour aller à Wonderful District,
« mes » xe om se plaignent. Depuis que j'ai mon vélo, je ne prends
plus de xe om, et quand je ne prends pas mon vélo, je marche : « On a
besoin d'argent ! » me disent-ils et je pense au dîner de Noël. Je crois
qu'ils ne comprendraient pas que je dépense mon argent dans du foie gras ou du
chèvre frais. Bref ! Au bureau, on est un peu fatigué mais tout va
bien : on se refait le dîner, on commente, on est content !
Mais, et oui, il y a un énorme « mais ». Pendant la nuit, un mal au ventre
foudroyant me réveille, mon estomac se tort, c'est terrible ! Je me dis
que c'est à cause de ce délicieux caramel au beurre salé bourré de lait que Tic
a mis dans les bagages de Tac qui me rend malade. Je passe une bonne partie de
la nuit aux toilettes, épuisée ! C'est un texto de Bruno qui me
réveille : « Je suis malade ! » Ah, pensais-je ? Mais je me
rendors. Plus tard dans la journée, je vois un message de Sandrine sur
Skype : « On est malade ! » Et progressivement, on s'aperçoit
que tout le monde est malade avec exactement les mêmes symptômes, exactement
vingt-heures après le dîner de Noël. Et là, la jolie partition de musique prend
un tout autre ton. Bertrand appelle le restaurateur, bien sûr très étonné. Mais
que faire, le mal est fait ! Cette indigestion me rend bien patraque
pendant quelques jours. Mais demain, on file à Can Dao, une petite île encore
peu fréquentée et on va se RE-PO-SER... et peut-être danser sur la plage
aussi !
