Samedi soir, je laisse mon petit vélo au rez-de-chaussée de l'hôtel, bien rangé parmi les motos et je file à Mui Ne en bus avec Delphine. Voyage de nuit, on arrive vers une heure du matin dans notre mini resort, on s'écroule sous la moustiquaire. Et le lendemain matin, bonheur, gros plongeon dans les vagues, énormes, c'est même impossible de nager. Mais c'est vivifiant. On est en décembre et je suis sur la plage à quelques heures de bus de mon chez-moi, j'y crois à peine. Doux moments de tranquillité avec Delphine, on papote, on révise notre vietnamien, on marche des heures sur la plage. Courts moments mais bien agréables. Lundi, un cyclone arrive sur les côtes, il s'appelle Durian et il a fait pas mal de victimes et de dégâts. A Saigon, il a juste plu plusieurs fois dans la journée sous un ciel bien sombre.

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A Mui Ne, d'un côté la lune...

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Au même moment, de l'autre côté, le soleil...

Mardi, je retrouve mon petit vélo, ah !, et je file à la poste chercher quelques nouvelles bayardises made in France (très jolies d'ailleurs). La postière fait la moue en regardant la photocopie de mon passeport (cheveux courts, lunettes sur le nez) : « Mais, ce n'est pas vous ça ? » Et si, c'est moi ! C'est vrai que ça change beaucoup les cheveux qui poussent sur les oreilles... Au bureau, on prépare une performance théâtrale créée et interprétée par Karen. On s'installe comme on peut, c'est-à-dire n'importe comment, provisoirement. J'ai mal au dos ! Mais l'atelier transformé en petit théâtre, ça va être très joli ! Et la vie continue à Saigon, ses vernissages, ses sorties à l'Opéra, ses petites pauses shampooing au concombre encore plus méritées qu'avant, ses dîners entre amis devenus des collègues. Moins de fête, moins d'alcool, un rythme un peu plus sérieux, dirons-nous. Et moi, je rêve d'une année sabbatique, je plaisante. L'on me dit que ça ne pouvait pas durer, il paraît. J'ai juste un peu hâte qu'on trouve des bureaux pour s'installer. On a une nouvelle piste mais je n'ose pas en parler, on finit par devenir un peu superstitieux ici.
Vendredi matin, grand retour à la piscine avec Sandrine. Ça faisait vraiment longtemps. Là encore, je me dis : « C'est fou, on est en décembre, il est neuf heures du matin, et je suis à la piscine, découverte, sous un soleil radieux. » J'imagine qu'au bout de quelques années ici, on finit par s'y habituer. Et je savoure le sentiment de liberté de pouvoir me déplacer avec mon petit vélo (vous n'avez pas fini d'en entendre parler !). Je vais tout doucement, de toutes façons, je ne peux pas aller vite sur cet engin, et je me faufile dans la circulation qui paraît moins folle quand on conduit soi-même, quoique... De là à dire que c'est du bonheur de conduire dans les bouchons au milieu d'une pollution intense, j'hésite. Je vous passe les péripéties du calendrier qui verra peut-être le jour, un jour !