Hier midi, pour aller déjeuner au Jardin, j'hésite et puis je monte, enfin, sur mon vélo (en viet, xe dap). Il ne fait pas trop chaud, il ne pleut pas encore, c'est parfait. Le guidon du vélo me semble un peu tordu depuis la chute. Tout doucement, mais alors tout doucement, je m'engage dans la rue. Je ne suis pas tout à fait rassurée, très concentrée sur ce qui se passe autour de moi, j'ai un peu peur pour traverser le premier carrefour. Après, c'est tout droit sur Ly Tu Trong, pas de souci. Arno et Nico (parce qu'on a perdu Bruno ce midi !) me disent que je fais très classe sur mon vélo, oh, je sais, vous allez vouloir des photos ! Mais en fait, je n'ai jamais mon appareil sur moi, alors, évidemment. Au menu, merguez et taboulé, parfait ! Et je partage avec Arno ce délicieux crumble aux pommes et glace vanille... Mmm. Et ensuite, me direz-vous ? Et bien, massage pour digérer ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas été me faire masser et c'est encore meilleur quand on y va pas trop souvent. Toujours en vélo avec Nico et Arno qui me suivent en moto, je fonce sur Hai Ba Trung. Et je rentre juste avant la pluie, ouf ! après un massage de rêve.
Je discute avec une jeune Française qui n'arrive à me tutoyer (oh, ça m'agace un peu ça, je me sens vieille tout d'un coup !). Elle est en médecine et fait un stage en maternité à Saigon. Elle ne s'était pas rendu compte combien il est difficile de communiquer sans parler une langue mais heureusement, il y a la pratique. Elle me raconte les accouchements, les différences entre la France et ici, le rapport différent au corps, l'absence du père. La relation entre les médecins et les patients est presque inexistante. Les mères ne crient pas, elles retiennent toute leur souffrance, sans péridurale. Les bébés non plus ne crient pas emmitouflés dans des petits linges blancs. Je pense à Tri qui n'était pas à l'hôpital non plus quand je suis née.
Le soir, grandes retrouvailles à l’Idécaf pour voir « Violence des échanges en milieu tempéré ». Excellent ce film ! Je suis d'autant plus surprise que je croyais l'avoir déjà vu mais je confonds avec « Ressources humaines ». Il y a toujours un léger sentiment d'étrangeté de voir un film français au Vietnam, Paris, le métro, les quais de la Seine, le TGV. Et puis avec Sandrine et Delphine, on retrouve l'équipe des archi, Tam, Gulschan, Emilie, Franck et Nadège, pour une suchis-party.