Je vis un grand moment de sommeil intense ces jours-ci, peut-être un peu trop. Saigon s'est vidé tout doucement en cette période de vacances. Mon étudiante, Duyen, est partie en Europe, je n'ai donc pas de cours de français. Quant au cours de viet, j'ai enfin trouvé une bonne prof après une tentative lamentable en petit groupe. Lundi à dix heures comme prévu, je me pointe à la fac, une nouvelle fac donc, pas très loin de la maison. Enfin il faut quand même marcher un bon quart d'heure et le chemin n'est pas très sympa le long d'une rue très encombrée ou, une fois encore, négocier un xe om et ce n'est pas toujours facile. Je n'ai pas repris le vélo depuis mon tout petit accident et je n’envisage toujours pas vraiment de prendre une moto. La circulation est vraiment dangereuse et moi-même, je suis un vrai danger public. Je n'avance pas beaucoup sur cette question-là, pourtant, ce n'est vraiment pas pratique ni de marcher ni d'être dépendant des xe om. Bref ! Le cours commence à 10h15, bon, ça commence, ce n'est pas très sérieux. Nous sommes un groupe de quatre personnes, un Allemand, un Coréen, un Français et moi-même. Et on nous présente la prof. Elle parle très mal anglais, commence une phrase avec un mot en anglais et poursuit en viet à toute vitesse comme si nous le parlions couramment. Je ne comprends rien. Elle n'écrit pas au tableau, parle très fort, feuillette nerveusement les pages de notre méthode sans savoir où s'arrêter, passe du coq à l'âne. Dans ma tête, je la compare avec les profs de l'autre fac et je vois bien que ça ne va pas coller ! Elle nous dit tout le temps : « Very gousse ! » Je ne sens pas bien le groupe non plus. Hou là là ! Le lendemain, c'est la cata, au bout d'une dizaine de minutes de cours à faire n'importe quoi, on doit changer de salle. La prof nous emmène dans les couloirs de la fac pour arriver, enfin, dans une petite salle où il y a déjà trois cours de viet en privé à peine séparé. Et elle propose de nous asseoir à quatre là où il n'y a de la place que pour deux chaises quasi au milieu des autres étudiants. Impossible d'avoir cours dans ses conditions ! Alors, je retourne, un peu énervée (une fois n'est pas coutume) dans le bureau administratif et je demande à changer de prof. On me propose un cours privé, c'est parfait mais ça coûte le double. Tant pis, je ne prends qu'une heure de cours, c'est pas beaucoup. Et j'attends de rencontrer la prof. Le lendemain, aujourd'hui, je traîne mes tongs à la fac sans grande motivation. Mais ma bonne humeur reprend le dessus, car Van, ma nouvelle prof donc semble tout à fait compétente. Ouf ! Elle parle bien anglais et très vite, on peut converser en vietnamien en fonction des leçons que j'ai déjà apprise ! Ah, enfin, mais une heure, c'est vraiment peu. A quatre dollars la session, je ne peux pas faire plus. C'est déjà ça. Elle me dit que tout va bien – mon niveau n'est donc pas si mauvais ? – et qu'on va pouvoir aller vite ! A me voilà bien motivée !
A part ça, ben, pas grand chose mais vous aussi vous avez l'air en vacances. Ils sont où vos commentaires qui me motivent à continuer ce blog ? Mardi soir, prétextant le départ de Bertrand en France pour un mois, j'organise un petit apéro-dînatoire, comme on dit, sur la terrasse. Bertrand n'a même pas pu rester très longtemps, bouclage oblige avant le départ et Sandrine était toute triste de voir partir son homme. Elle reste à Saigon, elle. On doit être une quinzaine, il ne pleut pas, Sylvain branche son ordi et Alex nous prête ses enceintes pour écouter un peu de musique ! Pour l'anecdote, j'avais réfléchi un peu la veille à ce que je pouvais faire à manger ou ce que je pouvais acheter, plus simplement. C'est un bonheur de faire les courses ici, c'est tellement peu cher ! Ce n'est pas qu'on ait l'impression d'être très riche (pourtant, on l'est de fait !), je ne gagne pas franchement d'argent ici, mais en comparaison de la France, ça n'a rien à voir bien-sûr. On peut acheter vingt cha gio (le nom vietnamien des nems), et puis, non, j'en veux bien trente, oh, quarante, ça ira. Un cha gio coûte 1000 dongs (petit rappel : 20 000 dongs = 1 euro). J'ai envie d'acheter des petites pizzas ou quiches dans ma petite boulangerie sur N'guyen Trai, je me dis que je vais les commander pour être sûre d'en avoir une bonne dizaine. Et me voilà expliquant ma grande idée, tout à fait occidentale, dans un anglais-vietnamien assez approximatif. Commander des mini-pizzas pour le lendemain ? La belle affaire. Les filles de la boulangerie m'expliquent que ce n'est pas possible, que les produits sont fabriqués au jour le jour. Oui, oui, j'ai bien compris mais justement, si je réserve une dizaine ou une vingtaine de pizzas aujourd'hui, c'est pour être sûre qu'il y en ait demain, vous comprenez ? Oui, elles comprennent mais ce n'est pas possible parce que les produits sont fabriqués au jour le jour ! Et elles me proposent de repasser le lendemain. La conversation dure quelque temps mais, comme souvent, je laisse tomber. Bien sûr, le lendemain, il n'y a plus rien ! Tant pis, on mangera des rouleaux de printemps ! Je vais au marché acheter des légumes : carottes, concombre, poivron. Ah, j'ai oublié comment on dit « concombre » en viet. Je ne suis pas du tout sûre de mon coup, c'est peut-être une courgette que je viens d'acheter avec cette drôle de forme ! A l'hôtel, il n'y a pas d'épluche-légume, je retourne au marché et là j'achète une drôle de lame plantée dans un gros manche en bois : vais-je savoir utiliser ce mystérieux objet ? Et dans ma chambre, j'épluche les carottes (la méthode diffère mais je m'en sors) et ce fameux concombre qui ne ressemble toujours pas à un concombre même au goût. C'est quand même sympa de faire la cuisine et de s'installer sur la terrasse ! Nous passons une bien bonne soirée !