Lundi 5 juin, je retrouve donc Matthieu, Bruno et Philippe à l'aéroport de Hanoi et nous passons la nuit dans la capitale vietnamienne. On oublie parfois que c'est Hanoi la capitale du Vietnam. Il fait très chaud, très lourd dans le Nord et très humide aussi. On se croirait à la campagne ici, des petites rues, pas de troittoir, beaucoup moins de monde qu'à Saigon. Le lendemain, nous avons juste le temps de faire un petit tour dans la ville près du lac. Matthieu retrouve Hanoi avec délice, découvre les Sinh to à la mangue peu mûre comme ils aiment ici. Et le taxi nous attend à midi pour rejoindre la ferme du Col Vert (http://www.vietnam-aventure.com/infos/accueil.htm). Guillaume, le nouveau manager, nous attend, tout sourire dans son joli resort au bord de la piscine, idéal pour se remettre du décalage horaire, pour les gars bien sûr ! Nous nous installons dans une grande maison sur pilotis rien que pour nous. On nous offre le thé de bienvenue. On sent déjà qu'on va être aux petits soins ici. En fin d'après-midi, Guillaume nous montre la campagne alentours, les rizières, les montagnes qui perdent de leur pierre pour en faire des maisons. Nous dînons comme des rois à la Ferme... et les moustiques commencent à nous attaquer vivement ! Aîe, aïe, aîe ! Les piqûres nous réveilleront d'ailleurs la nuit, on se gratte, ça démange, c'est affreux ! Il faut se passer les jambes sous l'eau pour soulager les démangeaisons et cela plusieurs fois dans la nuit…
Mercredi 7 juin, nous enfourchons nos vélos à taille vietnamienne pour une jolie balade dans la région. Mais il fait vraiment très chaud et nous serons pas très courageux pour faire d'énormes kilomètres. Et piscine, et déjeuner délicieux, et sieste sous le ventilateur.
Jeudi 8 juin, nous profitons encore toute la journée de la quiétude de la Ferme et nous retournons, Matthieu et moi sur Hanoi, pendant que Bruno et Philippe restent encore ici une nuit. A Hanoi, on file en xe om boire un verre dans un bar d'expats avec Guillaume qui retourne de temps en temps à la ville.
Vendredi 9 juin, on réserve notre petite escapade pour Sapa dans une agence locale (http://www.odctravel.com) et nous passons la journée à déambuler dans Hanoi, en cherchant de temps en temps un endroit climatisé pour se poser. On visite l'Espace, l'équivalent de l’Idecaf à Hanoi, un bel endroit tout neuf. Le ciel s'assombrit. Matthieu achète une cape de pluie « éphémère » qu'il veut payer 20.000 dongs alors que ça n'en coûte que 2000 ! Avec ses grands bras, il la déchire en essayant de l'enfiler, les Vietnamiens tout autour se moquent bien de nous ! Ce ne sera qu'une toute petite pluie. Le soir, nous retrouvons Bruno et Philippe à l'hôtel et nous décidons de prendre l'avion pour aller à Hoi An juste après Sapa. Vite, il faut réserver avant de prendre le train. A ce moment-là, une voix m'interpelle : « Anna ! ». C'est la dame de l'agence qui nous cherche partout pour nous dire que le train pour Lao Cai a de l'avance, qu'il faut se dépêcher. On réserve nos billets d'avion en deux secondes et commence une cavalcade jusqu'à la gare. On récupère nos bagages en trombe à l'hôtel et on file à toute vitesse à la gare en mini-bus. Il y a du stress dans l'air. Et la pluie commence à tomber. Les trains ne sont pas très clairement affichés, et nous courrons partout pieds-nus, parce que ça glisse en tongs, au milieu des voix avec nos sacs sur le dos. Le train est à l'autre bout du quai bien entendu et l'on court, court encore ! Ouf, on monte dans le train qui, bien sûr, part une bonne demi-heure plus tard !!! Enfin, on est dedans tout va bien. Quatre couchettes par cabines, il n'y a pas de clim mais ça reste relativement confortable. J'adore la vue du train dans Hanoi, on a l'impression qu'on va entrer dans les maisons. Les lumières scintillent. Ça sent bon les voyages !
Samedi 10 juin, à six heures du matin, le train s'arrête en gare de Lao Cai : terminus, tout le monde descend, les yeux encore bien rempli de sommeil. J'ai laissé mon ticket dans la couchette et la dame à la sortie de la gare ne veut pas me laisser partir sans ce fameux ticket. Je n'ai pas très bien dormi, je ne suis pas du tout réveillée mais comment expliquer à cette dame qui ne parle pas un mot d'anglais que j'ai oublié mon ticket dans le train. Elle fait la tête et ne veut rien savoir en me poussant de la main. Je retourne dans le train, les portes sont fermées à clé, je ne peux pas monter dedans. Je retourne voir la dame qui ne veut toujours absolument rien savoir. La tension monte dans la mauvaise humeur du matin. Je cherche désespérément quelqu'un qui parle anglais mais, rien, rien. Je vais devoir repayer le ticket. Une autre dame me fait signe de retourner encore dans le train, mais là, sur le quai, il n'y a plus de train. Je sens que je vais m'énerver ou pleurer... et finalement, un gardien me dit de partir, ouf ! On attend encore un moment avant de monter vers Sapa dans les montagnes. Il fait très, très gris, il pleut un petit crachin des montagnes... Sur la route, les Vietnamiens dans le bus sont malades comme dans le bateau. On essaie de deviner le paysage magnifique derrière les gros nuages. Nous arrivons à Sapa, toujours sous la pluie. Depuis ma venue en 2000, beaucoup d'hôtels se sont construits. Le nôtre n’est pas mal du tout avec une jolie terrasse devant les montagnes qu'on ne voit toujours pas. Gros petit déjeuner avec la spécialité locale : des pancakes à la banane et chocolat, si, si ! Un délice. On fait la connaissance de notre guide francophone, Hung. Et tout doucement, sous nos yeux fatigués par le voyage, le ciel se dégage et enfin, nous pouvons admirer les montagnes de Sapa au-dessus des rizières, c'est magnifique.
Après une petite douche réparatrice dans une chambre qui doit servir de débarras, nous partons marcher dans les montagnes où nous rencontrons les H'mong, une des minorités de Sapa qui, dans leurs beaux habits traditionnels, ont vite appris à vendre leurs bijoux, écharpes, chapeaux, pantalons aux touristes. En anglais ou en français, elles répètent toujours les mêmes phrases : « D'où venez-vous ? Comment tu t'appelles ? Très joli, very cheap for you. Ou des phrases plus étonnantes : you buy one for me, I buy one for you. Ou encore : c'est la saison ! Et pendant toute la marche, les H'mongs nous suivent à la trace. Le paysage est magnifique sous le ciel absolument dégagé. On s'arrête pour déjeuner au-dessus de la rivière. Et plus tard, nous rencontrons notre hôte chez qui nous allons dormir. Il y a déjà-là deux sœurs anglaises dont on aura bien du mal à comprendre l’accent. Et les H'mong sont encore là. On est obligé de prendre tout cela comme un jeu sinon ça devient vite insupportable. Avec leurs jolis sourires, elles sont assez touchantes mais tenaces ! Nous dînons copieusement en trinquant à la vietnamienne avec de l'alcool de riz : mot, hai, ba… yo ! Et hop, cul-sec ! Et nous regardons notre premier match de football. Au milieu de nulle-part, il y a toujours la télé ! C'est l'Angleterre qui joue contre, je ne me souviens plus... D'ailleurs, le match est sans intérêt et on va se coucher à la mi-temps laissant nos deux Anglaises supporter leur équipe !
Au petit matin, qui voilà, nos petites H'mong avec leur hotte de Père Noël remplie de tissu. Tranquillement, nous repartons marcher pour quelques petites heures, il fait beau mais pas trop chaud, c'est parfait ! Et c'est toujours aussi beau, faut attendre les photos ! Pour le retour au village, la jeep nous attend. Sapa est devenue très, très touristique (on dirait parfois le Mont-Saint-Michel) et à part négocier des heures avec les H'mong et les Tai, il n'y pas grand chose à faire. Nous passerons la journée du lendemain à Sapa au marché, dans les cafés en attendant le bus pour retourner à Lao Cai prendre le train pour Hanoi. Tout se passe bien dans nos couchettes première classe très confortables. En descendant du train à l'arrivée à Hanoi, je croise Christine, une amie de Saigon qui voyage un peu avant de rentrer elle aussi en Europe et aux Etats-Unis : que le monde est petit ! A Hanoi, il est cinq heures du matin et notre avion décolle vers midi, on a le temps d'aller voir les Vietnamiens faire leur gymnastique autour du lac. Il y a un monde fou : on court, on joue au badminton, on fait du tai chi, on soulève des altères, on se dandine, on danse en groupe sur du cha-cha en tapant des mains. L'attente est un peu longue, l'avion a du retard mais on arrive à Hoi An dans l'après-midi sous un soleil assommant. Nous retournons à l'hôtel où nous avions déjà été avec Matthieu il y a deux ans, le Van Loi.
Mardi 13 juin, nous partons en bateau avec Lodovico et son équipe pour les îles Cham en face de Hoi An. On va faire de la plongée, Philippe avec les bouteilles, nous, juste masque, palme et tuba. Ça tangue pas mal, je suis un peu malade dans le bateau moi, hou, la, la ! Mais on s'amuse à compter les petits poissons de toutes les couleurs. J'imagine que ce ne sont pas les plus beaux fonds marins de la terre mais c'est très beau quand même. On déjeune près d'une jolie plage. Le sable est bouillant sous nos pieds, la mer est chaude. On fait la sieste dans les hamacs sous les arbres...
Le lendemain, je retrouve Khanh au Cargo Club. C'est un ami artiste de Sandrine qui a fait une expo à l’Atelier il y a quelque temps. Il habite à Hoi An mais va venir bientôt s'installer à Saigon. On visite sa galerie près du fameux petit pont japonais. Il expose ses derniers travaux, de la peinture et beaucoup de laque. Je tombe sous le charme d'une d'entre elles et, hop, je l'achète ! Pour l'heure, elle est encore emballée dans son grand sac, je ne sais pas trop où l'accrocher dans ma chambre. On loue des motos et on part vers la plage. On passe voir la maison où j'habitais quand je suis venue en mars. Tout a bien changé. La sœur de la propriétaire s'est installée dans la maison, il y a de nouvelles cloisons. Et même des chambres d'hôtes. Et nous déjeunons chez Mama Ly quelques crevettes grillées au bord de la mer. Mmm, c'est bon les vacances ! On bulle sur les transats sous les parasols. J'apprends quelques mots de français à une jeune vietnamienne qui nous vend des fruits délicieusement juteux. On va se balader en moto avec Matthieu dans la jolie campagne alentours mais le vent se lève et la pluie nous menace. On a plein de sable dans les yeux, vite, vite, il faut rentrer ! Il y a du foot partout, partout, les télés sont sorties, les écrans géants sont installés dans les bars ou dans la rue, les paris fusent, tout le monde ne parle que de ça ! Bon, vous savez, le foot et moi…
Vendredi 16 juin, très tôt vers 5h30, on part à My Son, un site à quelques kilomètres de Hoi An qui regroupe les plus importants vestiges vietnamiens de l'ancien royaume du Champa. Il faut y aller tôt pour éviter les cars de touristes et la chaleur accablante. Nous avons éviter les touristes mais à sept heures du matin, il fait déjà très chaud. C'est très joli mais vraiment tout petit. On rentre à Hoi An prendre un délicieux petit déjeuner au Cargo Club avec d'excellentes viennoiseries. En face, au Tam-Tam café, il y a une cérémonie d'enterrement. C'est plein de couleurs, de fleurs et de sourires. Il n'y a plus de place dans les avions pour aller à Nha Trang, Matthieu et moi partons pour Saigon, ah, Saigon !
Pendant tout notre séjour dans le Nord, je pratique un peu le vietnamien. Les Vietnamiens reconnaissent davantage mes origines dans le Nord, c'est étrange. Alors, je sors mes petites phrases : « Mon père est vietnamien, ma mère est française, je vis à Saigon, j'apprends le vietnamien et je donne des cours de français... » Et hop ! En dehors de ça, ou de commander un thé glacé ou un lemon juice, gloups, pas facile !!