Je pars demain à Hanoi rejoindre Matthieu, Bruno et Philippe. Je les retrouve à l'aéroport, nous passons quelques jours à la ferme du Colvert et nous partons au Nord du Vietnam dans les montagnes de la région de Sapa… et, tranquillement, nous allons descendre jusqu'à Saigon. J'ai rangé toutes mes affaires dans des cartons pour laisser ma chambre vide et ainsi, ne pas la payer. Bien sûr, j'essaierai de vous donner quelques nouvelles sur le blog. En attendant je vous laisse apprécier un mail d'un de mes admirateurs, inconnu, qui ne se lasse pas de me lire et qui veut me le dire. C'est sans doute un peu exagéré, mais ça fait plaisir !
« Bonsoir Anna… Vous savez que je suis l'un de vos fidèles lecteurs, tout en ne sachant pas du reste qui je peux bien être. Mais je vous rassure, ce n'est pas important. Je soupçonne même que l'anonymat dans lequel je me complais comme la plupart de mes congénères au beau milieu de la foule des internautes de passage, contribue modestement à préserver la spontanéité des exercices d'écriture auxquels vous vous livrez avec tant de fidèlité et de générosité.
Vous qui maniez la plume avec tant d'aisance, vous n'ignorez pas que l'inspiration qui l'alimente nous vient de nos émotions, lesquelles atteignent leur paroxysme lorsque nous souffrons ou lorsque nous aimons. D'ailleurs, souffrance et amour parfois se fréquentent, se complètent, s'atteignent. Bien sûr, parfois je ne suis pas très à l'aise de me sentir un peu comme un voyeur de votre quotidien. Je me sens coupable de je ne sais quoi parce que je vole un certain plaisir à vous lire, sans bruit, à distance. J'assisterai même à un accident sans porter assistance à personne en danger.
D'ailleurs, depuis votre chute devant Ben Thanh, le genou endolori et vos larmes qui ont peut-être réveillé une solitude pourtant dissimulée par votre dynamisme et votre conquête de la vie saïgonnaise, m'ont touché vraiment. Et puis, le départ de vos amis n'est pas chose gaie, mais leurs rires mêlés aux vôtres résonneront encore longtemps.
Ecrire comme vous le faites, avec sobriété, maîtrise de la langue, sens de l'image, c'est d'abord généreux. Et je ne sais même pas ce qui m'a poussé à vous le dire ce soir, mais il y a un petit moment que j'ai envie que vous sachiez que c'est beau et utile. Bon courage Anna. Un blog peut ne pas être qu'un blog. Vous le démontrez si bien. A bientôt.
Michel-Pierre »


Ce dimanche à l’Atelier, pendant la très belle
expo de Gulschan, avec Laure, Sylvain et Nico…