A Phnom Penh
Par anna tuyen tran le vendredi 5 mai 2006, 12:42 - General - Lien permanent
Lundi matin, 1er mai, il y a une semaine, je pars donc pour Phnom Penh. Il y a du monde ce matin là devant le Sinh Café, c'est férié et tout le monde part se promener ! Notre bus est assez pourri et vieillissant et surtout sans clim ! Ça, c'est un peu dur quand même ! On s'arrête au milieu de la route quelques kilomètres plus loin, le moteur ne veut pas redémarrer ! Mais je ne sais pas comment, on peut repartir. Deux heures plus tard, on atteint la frontière à Moc Bai, et là, le bus largue tout le monde, beaucoup de Chinois et de Japonais dans le bus. Heureusement, on m’avait expliquée comment ça se passe à la frontière parce que on se retrouve un peu livré à nous-mêmes sans beaucoup d'explication, notamment où retrouver l'autre bus qui nous amènera à Phnom Penh. Il fallait savoir qu'il fallait marcher jusqu'au petit restau caché derrière un mur. Et là, nous avons attendu plusieurs heures que tout le monde comprenne qu'il fallait se retrouver à cet endroit... Et là aussi, hasard de ma vie en Asie, je croise Roma un ami de Saigon qui passe la frontière dans l'autre sens : what a small world! L'échange est court, il repart quelques instants plus tard dans l'autre sens.
La route est encore longue pour rejoindre Phnom Penh. Le Cambodge ressemble bien sûr au Vietnam, la végétation est luxuriante, les petites maisons en bois sont d'un autre temps. Mais le Cambodge semble beaucoup plus pauvre. A l'arrivée au bac pour traverser un bras du Mékong, des enfants tapent violemment au carreau pour nous vendre du coca ou des bibelots. Je me sens mal dans ces moments-là même dans le bus pourri sans clim. On est là, des dollars plein les poches, en hauteur, regardant à peine les enfants qui tapent et crient. J'avais pas mal échappé à cela jusque là. A Saigon, les touristes sont un peu harcelés mais ça reste la ville, ça n'a rien à voir !
Bref, j'arrive à Phnom Penh en fin d'après-midi... crevée ! Un moto-dop me dépose chez Valérie qui travaille ici pour l’Unesco. Là-bas, Stéphanie m'attend. J'ai rencontré Stéphanie lors de son stage en rédaction à Bayard juste avant mon départ. On s'était bien entendu et me voilà ! La maison en bois de Valérie, typiquement cambodgienne, est toute mimi, un joli jardin, une petite terrasse, une décoration toute zen et des verrous à toutes les portes ! Il y a même un garde qui surveille la maison la nuit. Phnom Penh est une ville un peu dangereuse parait-il. On se fait agresser facilement la nuit, avec un flingue sur la tempe, dit-on, gloups ! Il faut dire que les rues ne sont pas vraiment éclairées ici... A part ça, les Cambodgiens sont très souriants, comme toujours et, ma foi, bien plus jolis que les Vietnamiens, selon moi, si, si !
Plus tard, Valérie nous rejoint dans un joli café près de la maison tenu par un jeune couple de Français, le Elsewhere. Autour d'une toute petite piscine où l'on peut patauger la journée, on s'affale sous les arbres dans des gros coussins sur des canapés en bois. Des filets au-dessus de nos têtes nous protègent d'éventuelles chutes de mangues ou de noix de coco. Et les moustiques attaquent ! Il n'y a pas vraiment d'endroit comme ça à Saigon... Et on retourne à la maison où la femme de ménage nous avait préparé un petit dîner khmer, grand luxe ! Dans le jardin, on commence à apprécier la douceur de la nuit, enfin, il fait quand même très chaud !
Et pendant trois jours, nous arpentons la ville à pied avec Stéphanie. Très peu de rues portent des noms mais des numéros et c'est relativement facile de se repérer. La capitale cambodgienne, pas très grande, semble aujourd'hui en pleine renaissance, tout doucement. Certains quartiers portent encore la trace architecturale de la colonisation française, un peu comme à Saigon. Je compare tout le temps, c'est normal ! On visite quelques marchés, peu de monuments car Stéphanie les connaît déjà (et puis on s'en fout un peu !), une récente pagode, on va souvent à la poste pour envoyer des cartes postales, enfin, Stéphanie ! Bref, on fait du tourisme et ce n'est pas désagréable de temps en temps ! J'ai l'impression d'être dans une petite ville de province avec peu de circulation, peu de touristes, un calme relatif… C'est chouette ! Valérie est au petit soin avec nous. Elle aurait voulu qu'on aille se balader dans les environs de Phnom Penh à la découverte de la campagne cambodgienne qu'elle voudrait nous faire partager mais Stéphanie et moi, on est bien là, sans grand projet que de se perdre dans les rues de Phnom Penh et profiter de la jolie maison. Serge, un ami de Valérie et Stéphanie, débarque de France le mercredi matin et l'on continue de déambuler dans les rues à trois !
Nous rencontrons aussi Héloïse qui travaille au Sipar, une organisation de solidarité internationale qui soutient l'éducation des enfants par la promotion du livre et de la lecture. Elle nous explique comment, avec de nombreuses difficultés, le Sipar publie et distribue des livres au Cambodge. C'est mon amie Jk (Jacqueline Kerguéno pour les moins intimes) qui m'a mis en contact avec Héloïse. Nous allons d'ailleurs sans doute travailler ensemble sur un projet de formation d'auteurs et d'illustrateurs khmers en octobre. Décidément mon année sabbatique ne sera donc pas si sabbatique !!! A suivre… La plupart des expats ici travaillent pour des ONG, très, très nombreuses à Phnom Penh.
Valérie nous fait découvrir des nouveaux restaus chaque soir. J'adore dîner par terre sur des coussins moelleux. La nourriture khmère est délicieuse, elle aussi, raffinée, très parfumée mais pas trop épicée. Et le tout, arrosé de bière, comme partout en Asie !

bienvenue au Cambodge !

la maison de Valérie, rue 240…

le jardin derrière la maison…

ici aussi, les cyclos-pousse, pendant la sieste…

deux petites têtes de bonzes au vat Moha Montrei…

le stûpa au vat Phnom

Serge et Stéphanie le long du quai Sisowath

Commentaires
Quel bonheur ce dimanche soir
de découvrir un nouveau billet
et de partager ton voyage
d'ici tout semble extraordinaire
toutes ces rencontres,
cette vie qui s'enfile si bien, où que tu ailles
comme si vraiment tu étais faire pour ça...
Ici tout va bien
je prends le rythme des vacances
un rythme certes ralenti...
mais qui est bien doux, bien agréable finalement
enfin quand le soleil est là !
plein de bisous
PS :Alors ils sont vraiment si beaux les cambodgiens ???
En effet, je ne saurais dire pourquoi, mais je les trouve beaux les Cambodgiens… Ils ont un petit quelque chose que les Vietnamiens n'ont pas ! Après, les goûts et les couleurs…
Moi aussi je les trouve beaux et sympas les Cambodgiens. C'est bien que tu aies rencontré Hélo, ça facilitera l'atelier en octobre. J'aime bien Phnom Penh. la prochaine fois, il faudrait que tu voies Ankor vat, et aussi la côte Sud, vers Khiep, l'île aux Lapins.
Je reviens de 10 jours en Pologne avec Lumé Desombre. C'était plein de bonnes choses.Bisous JK.