Hoi An
Par anna tuyen tran le jeudi 2 mars 2006, 12:29 - General - Lien permanent
De fait, ici, c'est beaucoup plus complique pour se connecter, mais voila quelques nouvelles de Hoi An.
Pour la première fois depuis mon arrivée au Vietnam, je reste au lit dans la maison de Karen, Jérome et Guislain à Hoi An... Il faut dire que le ciel est chargé de nuages depuis notre arrivée mardi soir et Hoi An sans le soleil, c'est pas top ! Les vietnamiens portent tous des gros pulls et des manteaux, alors qu'il doit quand même faire 20° la journée, le soir, ils portent des bonnets ou des chapeaux en laine qui protègent les oreilles !
Nous sommes donc arrivés à Hoi An mardi soir avec Franck, un des patrons du Tam-Tam café ici à Hoi An depuis de longues années, avec Stéphane, chef-cuisto au Lounge, un autre café-restau à Hoi An, et sa maman, Claudine. Stéphane a eu un accident de moto à Hoi An il y a quelques semaines. Il a percuté une autre moto avec quatre Vietnamiens dessus... il a eu beaucoup de chance, mais il s'est quand même fracturé la mâchoire. Il a été opéré à Saigon. Aujourd'hui, ses dents du bas sont consues à ses dents du haut. Il ne peut pas vraiment parler et mange de la soupe et des milk-shake. Toutes les semaines il devra aller à l'hôpital à Saigon pour faire le point. Mais il garde le moral. A Hoi An, l'accident a fait pas mal d'histoires avec la police et Stéphane est un peu stressé de revenir ici. Pourtant, tout le monde à Hoi An l'interpelle dans la rue : « Ah, Stéphane, you are back! How are you? »
A l'aéroport, Monsieur Phuoc, que Sandrine avait contacté de Saigon, est venue nous chercher avec son mini-bus. Tout sourire, il tenait à la main sa petite pancarte : « Welcome Anna ! » J'adore !
Et nous partons dans la maison de Franck, à une dizaine de kilomètres du centre de Hoi An près de la plage. Il y a quelques temps, il était tout seul ici. Aujourd'hui, la route se forme, et un immense resort est en train de se construire à deux pas de chez lui, là, où avant, il traversait les dunes pour rejoindre la mer. Hoi An est déjà très touristique mais va le devenir encore plus avec de magnifiques endroits où mes finances ne me permettront jamais d'aller !
La maison de Franck est très belle, il y a même une piscine et un jacuzi. Franck m'installe dans un petit bungalow au fond du jardin. Je squatte la chambre de Yann qui est resté à notre petit hôtel à la terrasse à Saigon pour renouveler son visa. C'est un peu le bordel dans le bungalow mais peu importe. Je monte sur le petit muret dehors et devine la mer derrière les maisons du resort qui se construisent !
Chez Franck, il y a aussi Yoric qui s'est cassé la cheville, en moto aussi, et tente tant bien que mal de marcher avec ses béquilles ! La télé est allumé, en Français, TV 5. On boit des petites bières pendant que deux jeunes Vietnamiennes, qui travaillent dans la maison, nous font à manger. Drôle de sensation de se faire servir en bullant devant la télé !
Il fait vraiment frais ce soir-là et je me love sous la moustiquaire pour une douce nuit sans autre bruit que celui des rouleaux de la mer. En revanche, ce sont les pelleteuses qui me réveillent le lendemain matin sous les nuages. Les Vietnamiennes nous préparent le petit déjeuner, le pain est tout chaud ! Je n'aurais pas beaucoup profité de la maison de Franck, je ne peux pas rester chez lui, sa maison est vraiment loin du centre et je n'ai pas du tout l'intention de conduire une moto ! Dommage !
On rappelle Phuoc pour qu'ils viennent nous chercher. Stéphane et Claudine vont s'installer dans la maison de Karen, Jérome et Guislain. C'était ici que Sandrine et Bertrand habitaient à Hoi An avant qu'ils ne s'installent à Saigon. Pendant ce temps, moi, je visite le village et les hôtels pour trouver un endroit où me poser. Et je retrouve le centre de Hoi An, ses petites rues, ses nombreuses boutiques, sa rivière, son marché. Tous les touristes ne sont pas encore arrivés mais il y a quand même des groupes qui se faufilent en pousse-pousse ou à pied parlant toujours très fort ! Je vais voir l'hôtel où nous logions avec Matthieu pendant l'été 2004. Il y a une nouvelle boutique de souvenirs au rez-de-chaussée et un salon de beauté là où ils louaient les vélos ! Les chambres sont un peu chères si je veux rester longtemps. Je pense à Matthieu, à nos vacances ici. J'adore l'endroit où se trouve le Van Loi, notre hôtel, de l'autre côté du pont (pas le pont Japonais !). Il y a peu de touristes, et tout plein de petites ruelles avec des palmiers. Je ne sais pas, j'aime ce coin, il faudrait que je trouve une maison ici ! Je visite d'autres chambres parmi les nombreux hôtels de Hoi An, le plus abordable reste celui où Mai, Christophe, Sinh et Cléo sont allés l'année dernière.
Je passe devant la boutique où on a fait faire la bague pour Matthieu, vous vous souvenez de l'histoire dans l'avion : « You have the ring!» Je vais déjeuner le long de la rivière un Cau Lao, spécialité d'ici, dans un tout petit restau pas trop touristique que m'a indiqué une amie Viet de Paris. Et je retrouve Stéphane et Claudine au Tam-Tam café avec d'autres expat français, Véronique, Gildas, Violaine, Florent...
A Saigon, Karen m'avait proposée de loger avec eux dans leur maison et j'attendais de la voir avant de prendre une décision. Elle est à quatre kilomètres du centre, au bord de la rivière, parmi les rizières, entourées de palmiers, c'est super joli et je tombe sous le charme de l'endroit même si la maison est vide. Il y a des matelas dans les chambres, un peu de linge, et de la vaisselle. J'appelle Karen à Saigon pour lui dire que je vais rester un peu, combien de temps ? Je ne sais pas du tout... Je verrais quand ils reviendront à Hoi An. Nous laissons les photocopies de nos passeports à la soeur de la propriétaire pour nous déclarer à la police. C'est comme ça ici, et c'est mieux d'être en règle (surtout après l'accident de Stéphane) mais les photocopies ne suffisent pas et nous devons laisser nos passeports !
On rappelle encore Phuoc pour aller chercher mes valises chez Franck. Impossible d'expliquer au chauffeur où je vais, et Stéphane est obligé de m'accompagner ! La nuit commence à tomber, il fait vraiment frais ! C'est drôle de voir tous ces Vietnamiens en pull quand même !
Pour retourner dans le centre, Claudine ne veut pas prendre de moto mais je n'ai pas envie de marcher quatre kilomètres à pied, il n'y a pas de xe om dans les environs, je fais du stop et hop ! « Mon » chauffeur parle Français, il travaille à la réception d'un grand hôtel et blablabla et il me dépose à Hoi An... Je retrouve Franck au Tam-Tam, il est avec Jimmy, un Catalan, avec qui il travaille... Stéphane et Claudine nous rejoignent, finalement, ils sont venus en pousse-pousse ! Je rencontre encore d'autres expats, je leur donne des nouvelles de Sandrine et Bertrand !
Ce n'est pas du tout la même ambiance qu'à Saigon. Les expats sont plutôt Français, les Anglophones ne disent pas bonjour ! On est bien sûr beaucoup plus harcelés par les Vietnamiens qui veulent toujours qu'on « buy something », les xe om sont très difficiles à négocier et beaucoup plus chers qu'à Saigon. Comme disait Sandrine dans son blog quand elle vivait ici, elle en avait marre de se faire arnaquer à Hoi An. Je suis là depuis deux jours et je ressens déjà ça !
Je réfléchis toute seule... J'ai beaucoup aimé Saigon, il y a tellement de choses à faire. Louer une maison ici, c'est très sympa mais elle sera vide, il faudra tout acheter, il faudra déclarer chaque passage de copains à la police... et tout le monde me dit que c'est pas top pour apprendre le Vietnamien. Pourtant ce matin de mon lit, je regarde les palmiers qui s'agitent dans le vent, j'imagine un peu de soleil et je trouve ça pas mal ! Mais il faudra quand même que j'occupe mes journées... Et il faut que le soleil arrive !!! Mais je suis peut-être définitivement une fille de la ville !
Donc hier soir, après un délicieux filet de poisson cuit dans une feuille de banane, Stéphane veut rester en ville et comme il n'y a pas de voitures, on est vraiment obligé de prendre une moto... Une pour Claudine et une autre pour moi, mais grosse frayeur, je perds Claudine car mon xe om roule un peu vite ! La maison se trouve sur un tout petit chemin au bord de la riviere et au bout de vingt minutes, toujours pas de Claudine, je suis vraiment inquiete mais elle finit par arriver avec tout plein de xe om ! Ouf !
Finalement, le soleil a fini par pointer son nez, et ici aussi, ca change tout ! Je me loue un petit velo, un vieu car les neufs sont trop chers ! Et je pars vers la plage... Il y a un grand, grand vent et je vais dejeuner chez Mama Ly que bien Sandrine ! Elle me fait tout plein de calins quand je lui dis que je viens de sa part ! Et les petites crevettes grilees au bord de la mer agitee, ah, un bonheur ! Les pieds dans le sable, je reflechis encore : je vais faire quoi ici ? Je savais que Hoi An etait tres touristique. Pour une semaine, ce n'est pas vraiment genant mais ma vision du Vietnam a deja change, je ne suis plus une touriste et ici il n'y a que ca et les Vietnamiems reagissent en consequence. Money, money, money et puis voila. Bien sur, il y en a d'autres qui vont un peu plus loin et d'ailleurs, c'est drole ici, ils reconnaissent davantage mes origines que dans le Sud !
Bon, je vais quand meme me faire faire des petites robes a fleurs chez Monsieur Xe, le tailleur de Bertrand ! Et j'achete une baguette francaise au Tam-Tam pour demain matin. En meme temps, ici, je ne sais pas ce que je vais trouver pour mettre dessus ! Il n'y a pas de supermarche ici. On fait ses courses a Da Nang mais c'est a trente kilometres ! Ah, de la vache qui rit alors !

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Manque plus que le soleil...