Sâ-aat ! [Quelque part en Asie du Sud-Est]

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lundi 31 août 2009

Comme un roman

Les gens passent, s'arrêtent à Saigon, à Battambang ou à Phnom Penh. On se rencontre, on se parle, on devient amis, parfois ils restent un peu ici ou ailleurs, ou ils repartent. Ça va toujours très vite, parfois parce qu'on n'a pas le temps, le temps d'un séjour, le temps des vacances, ou parce qu'on ne sait pas si on va rester là. Alors, vite, vite, on prend ce qu'il y a de meilleur, on partage, on rit, on pleure... Et puis un jour, on reçoit un mail comme ça, et on le publie sur le blog (avec l'aimable autorisation de son auteur). C'est sûrement très narcissique, mais, ce texte, je le trouve beau. Merci !
« Elle inspire comme un personnage de roman. Dégageant une froide distance de la scène qui se joue, mais sa présence est palpable. Tout est concentré à l’intérieur et semble dire : une ruine ne s’effondre pas… J’ai trop pris dans la gueule, tout a été piétiné… Il est trop tard, bien trop tard… si vous voulez m’avoir. Quand elle est au repos, sa mâchoire se serre. Entre ses sourcils, sa peau se fronce, des plis se dessinent… bouclier. Comme d’autres femmes appliquent un masque de nuit pour lutter contre les effets du temps, elle, elle enfile son masque à chaque silence. Par habitude… ou par nécessité. En temps normal, on esquive une telle défense. Mais son bouclier se fragmente aussi vite qu’il s’est formé… petite fille l’espace d’un sourire… cela ébranle. Enfance. Les portes grandes ouvertes rivalisent avec la défense. Elle est atteinte par la première flèche qui lui est destinée. Pourtant elle en balance des vannes… franches. Cinglantes parfois. Droit au but toujours. Gratuites ? Pas vraiment, elles ont un sens. Si elles font mal... C’est pour mieux percer l’abcès, mon enfant… Mais elle, elle se laisse atteindre par la moindre remarque. Et elle le dit. C’est à ça qu’on reconnaît la force… Elle compose de ses faiblesses. Il faut dire tout ce qu’elle est, car elle fait partie de ces gens qui font le monde moins con, qui rendent la société buvable. Je l’ai vu une fois sérieuse, en silence et sans plissement de sourcils. Le visage lisse, elle semble absorber. Qu’absorbe-t-elle ? Est-ce si important qu’elle oublie de montrer ses remparts ? Est-ce si sérieux qu’elle ne peut plus être petite fille ? Elle m’écoute. Entièrement. C’est beau quelqu’un qui écoute à ce point. Qui a su s’affranchir des jugements ou des conseils à donner. Elle écoute… Pas pour elle. Pour moi. Miroir. « Le chemin le plus court de soi à soi, c’est l’autre », – c’est dans le mini bouquin de poche qu’elle m’a prêtée, un qu’elle a pu lire jusqu’au bout… Elle n’aime pas lire. C’est tellement vrai. C’est tellement faux. L’autre : fuite énorme et entière. Mais pas avec Anna. Pourquoi je lui parle ? Pourquoi je peux lui dire alors que je ne la connais pas ? Combien sommes-nous à avoir croisé la route d’Anna et à se poser cette question… Parce qu’il semble bien que la route d’Anna se croise… »

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Juste des nuages au-dessus du patio

dimanche 30 août 2009

Le chantier

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Je profite du calme dans la maison en ce dimanche matin, car, en effet, pendant la semaine, c'est le gros chantier ! Ça fait des mois que tout le voisinage parle de ça : la grosse maison qu'ils vont construire en bas des fenêtres de la maison. Il y a quelques mois, j'ai vu arriver une équipe de Vietnamiens en costard dans la ruelle, et quand je leur demande ce qui se prépare, la réponse est nette, en anglais : « Construction. ». C'est assez fréquent ici les constructions, ça pousse de partout, très vite mais jamais aussi près de chez moi ! Bref, on attend le démarrage du chantier qui signifie dans un premier temps la démolition de la maison. Et là, tous les jours, j'ai peur qu'ils commencent quand ma petite famille débarque de France début juillet... mais, ouf, rien ne se passe à ce moment-là. Et c'est quand je reviens de ma dernière mission au Cambodge (tiens, je n'ai pas écrit de billet dessus ! mais tout s'est très bien passé avec une guest à Phare remplie de volontaires venus de part le monde tous plus passionnants les uns que les autres), je découvre un trou, un trou béant. Et je suis heureuse d'avoir justement raté la fameuse démolition ! Depuis, le chantier démarre vite mais va sans doute prendre quelques mois avec son lot de poussière et de bruit mais les ouvriers sont attentionnés et m'aide à escalader les tuiles et autres gravas pour sortir de la maison. On prépare une maison de trois étages et demi pour loger quatre familles. A part ça, la vie est douce. Je continue d'aller et venir entre Battambang et Saigon, fatiguée par ces longues douze heures de bus et taxi à chaque voyage, mais c'est comme ça ! Et de toutes façons, ma vie, elle est ici, au Vietnam, à Saigon pas au Cambodge. A chaque fois, je cours pour rentrer à la maison, accueillie par les voisins et les amis chaleureusement et cependant, c'est toujours un déchirement de quitter “mes” étudiants de Sonleuk Thmey qui, depuis qu'ils ont découvert Facebook, m'envoient des “I miss you” régulièrement ! Mais je ne les oublie pas de Saigon, je travaille avec eux à distance, tous les jours en attendant ma prochaine mission. En ce moment, Alain est à la maison pendant deux semaines. Lucien se remet de sa première exposition à Ho Tram avec de nouveaux projets plein la tête. Sandrine, Bertrand et Olivier organisent tout plein de soirée Jetlag. Kim-Ly grandit, parle vietnamien mieux que nous tous. Eliot et Lee viennent de déménager dans un nouvel appartement. Je rencontre de nouvelles têtes, c'est un peu comme ça qu'on s'enrichit ici, avec les histoires des autres, puisqu'on ne va pas au ciné ! Et je dois retourner à la gym vite vite, mais une petite entorse m'en empêche. Ah, mais je n'ai pas parlé de mon inscription au California Wow Xperience il y a quelque temps où j'ai découvert le bhangra, une danse indienne très énergique qui signifie en gros : « Move your shoulders! », j'adore tout simplement !

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Déjeuner à Battambang avec Elsa

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Yoni

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Fanny

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Romain

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Stefania

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Claudio

lundi 24 août 2009

Ho Tram

Pendant trois jours, je suis l'assistante de Lucien pour sa première installation sur la plage de Ho Tram, près de Vung Tao, dans le très joli resort tenu de main de maître par le merveilleux Monsieur Lap qui a aussi invité Sandrine et Bertrand a participé à l'événement. Ma mission, pas très compliquée : faire des photos et shooter quelques images avec la caméra. On est accueilli comme des princes : un petit bonheur !

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Première exposition de land art au Vietnam

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Dimanche matin, 9 am, tout le monde est prêt !

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Monsieur Lap, manager du resort et curator de l'exposition

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Les drapeaux de Bertrand : “Little pirates make the sky laugh”

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Les drapeaux de Bertrand

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Les drapeaux de Bertrand (photo Lucien Do)

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La “vague” de Sandrine

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La “vague” de Sandrine

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L'installation de Lucien : “Between earth and see”...

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... ou “Giữa đất và nước”, en vietnamien

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Lucien Do parmi les journalistes pour de nombreuses interviews

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Soirée dans la maison de Trinh Hoang Hai à Long Hai

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Trinh Hoang Hai

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Sandrine et Kim-Ly

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Lucien

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Kim-Ly et Thanh

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Le resort au mileu des palmiers

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Petit coup de cœur pour la salle de bains

Bertrand

Je rentre d'un week-end magique, invité par Lucien à sa première expo, à Ho Tram sur la plage. Sandrine et Bertrand exposent aussi chacun une pièce parmi une trentaine d'artistes vietnamiens. Avant de vous raconter tout ça en texte et en images, voici Bertrand, juste Bertrand !

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vendredi 31 juillet 2009

Famille, je vous aime !

Nha Trang, Can Gio, Phu Quoc : absolument que du bonheur avec ma petite famille. Photos de vacances...

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lundi 20 juillet 2009

Same, same!

Toujours sur le blog de Sinh, on peut voir Anna et Mai en route pour l'île de la Baleine, comme un petit air de ressemblance...

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samedi 18 juillet 2009

Good morning Vietnam

“Good morning Vietnam”, c'est le nom du blog de Sinh, si vous avez envie de suivre les petites aventures des Tran, Blum, Salaün pendant ce mois de juillet un peu pluvieux, mousson oblige... mais peu importe ! Nouvel extrait :
“Pour rentrer, nous sommes donc partis à seize heures de l'île de la Baleine, à grands regrets et avons fait les deux heures de mini bus pour rentrer à Nha Trang en compagnie de Vicky et de son mari, qu'on a appelé John-John pendant tout le séjour, et qui s'appelle en fait Brian (Is he in the kitchen?), deux australiens très sympas. Pour retourner à Saigon : le bus de nuit. Une espèce d'hybride bizarre, entre train de nuit et car... Un bus sur deux étages avec des couchettes en position pas tout-à-fait allongées, qui devaient mesurer un mètre soixante maxi... Très spécial ! Cléo est une grande fan, elle adore l'effet “cabane”, avoir son petit espace à soi, qu'elle peut aménager comme elle le veut. Mai dort peu, mais c'est déjà pas si mal. Sinh dort, presque normalement. Quant à Anna, alors qu'elle commence à s'endormir, elle sent une présence à côté d'elle, soulève son masque pour dormir et... aperçoit avec horreur que son voisin de droite, John-Claude, plutôt que de tenter de caser son mètre quatre-vingt-trois (pas facile, mais il le savait : il a pris le même bus à l'aller) dans son siège, a choisi de dormir dans le couloir, à trois centimètres d'Anna ! Et, enfin, arrivée à six heures du matin à Saigon, nous nous sentons frais et dispos... autant que possible dans ces conditions, du moins.”

lundi 6 juillet 2009

Faille spatio-temporelle

Mai, Sinh et Cléo sont arrivés hier soir à Saigon à minuit avec deux heures de retard. Depuis, c'est comme s'ils vivaient ici depuis toujours, qu'on s'étaient quitté la veille. Les voisins vietnamiens regardent Mai et disent : “Same, same !” En attendant un petit périple touristique, on est tous connecté à nos ordis pour écrire des blogs et autres mails. Voilà les premières impressions de Sinh, j'aime beaucoup, vraiment beaucoup. Merci Sinh !
“Samedi, 4 am : réveil à Nantes. Lundi, 4 am : endormissement à Saigon. Ces quarante-huit heures n'étaient pas, pourtant. Un train. Deux avions. Un taxi. Pendant ces quarante-huit heures, nous avons erré de Nantes à Saigon, ou peut être de Shanghai à Los Angeles, qui sait ? Nous n'avions qu'un point de départ et un point d'arrivée. Et pendant ce temps là, rien. Ou plutôt si : du rien. Quand on est dans un avion qui survole le Tibet, il est quelle heure ? L'heure du lieu de départ ? L'heure du lieu d'arrivée ? L'heure du lieu survolé ? C'est simple, il n'y a pas d'heure. Un temps de vol, une heure de départ, et une heure d'arrivée. Et quand on a une escale de quinze heures, à Canton, en Chine, mais qu'on pas le droit de quitter l'aéroport,est-ce qu'on est bien à Canton ? Au fond, n'est-on pas aussi bien au lieu de départ ? Non, l'avion en est parti. Au lieu d'arrivée ? Non, plus, l'avion n'y est pas arrivé. Mais est-on vraiment à Canton ? Non plus, on pourrait tout aussi bien être à Londres, ou à Johannesbourg, où serait la différence ? Et quand, sous grande parano anti-grippe A, des êtres humains, complètement asexués, couverts des pieds à la tête d'une combinaison apparentée à celle de cosmonautes, prennent la température des voyageurs avec ceci, est-on bien sûr d'être encore sur Terre ? Pendant ces quarante-huit heures, nous n'étions nulle part. Ou partout. Ou juste ailleurs. Mais nous sommes arrivés à bon port.”

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La faille spatio-temporelle commence dans le Nantes-Paris

lundi 25 mai 2009

Suzuki Viva 110

La grande nouvelle du moment : j'ai appris à conduire la moto avec mon excellent professeur Marie qui m'a embarquée dès la première leçon dans les petits sentiers boueux dans la campagne de Battambang. Je ne sais pas trop comment, toutes mes peurs se sont envolées au volant de ma Suzuki, et j'adore ça ! A Saigon, un pote m'a prêtée sa Honda cub pour le week-end, et ça roule tout seul... Encore un peu plus de liberté ! (Merci, Marie, pour les leçons et les photos).

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Sonleuk Thmey [module 3]

Encore un nouvel atelier à Sonleuk Thmey, un peu court celui-là à cause des congés pour l'anniversaire du roi. Tout va bien ! J'attends juste le budget final de Valéase pour planifier l'année. Je sais que ce budget sera largement réduit, vous savez, la crise : plus d'impression du catalogue “Imagine” ni d'exposition au CCF. Grande déception pour tout le monde, mais c'est comme ça, on va rebondir !

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