Đẹp quá ! [mes années vietnamiennes]

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 14 septembre 2007

Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Ce midi, je repars au Cambodge pour quelques heures au Sipar à Phnom Penh pour travailler sur l'imagier avec les stagiaires de ma dernière formation. Dimanche, direction Battambang à quelques heures de bus pour mon nouveau workshop à Phare Ponleu Selpak dans une grande maison en bois sur pilotis à quelques kilomètres de la ville. Comme toujours, ça ne me dérange pas de quitter la folie de Saigon mais ma maison et mon friend-roommate vont me manquer. A mon retour, je risque de retrouver Sam complètement gaga avec notre nouveau chat. Et oui, nous allons avoir un chat. Enfin, en théorie, c'est le chat de Sam. En pratique, nous verron bien ! Mais je dois dire qu'avec les gros rats qui se cachent parfois dans la maison, ce n'est pas une si mauvaise idée. Nous sommes allés le voir hier chez Emilie, il est tout petit, noir et blanc, pour l'instant il est plutôt très sauvage surtout quand il nous crache au visage. Son som : Lucifer ! Depuis que la vieille voisine est morte il y a quelques jours, c'est le défilé des voisins et des amis toute la journée. Les moines arrivent en moto et font des prières pour qu'elle quitte sereinement le monde des vivants. Ce matin, c'est musique traditionnelle à fond, parfois modernisée façon presque rock : je dois avouer que je ne suis pas très fan. C'est dommage je ne peux pas écouter tranquillement le cd que m'a gravée mon voisin Khang (prononcez kh comme la jota espagnol !), le marie de Hoa. Le disque s'appelle « Bambino » : 113 chansons françaises comme « Aux Champs-Elysées » ou « Pourvu qu'elle soit douce » mais ma préférée, c'est « Est-ce que tu viens pour les vacances ? ». Une merveille ce cd !

mercredi 12 septembre 2007

Abeille sur la Banane sur le Chapeau

Mini coup de blues ce week-end parce que, encore trop de fête et trop d'alcool… C'est impossible ici de faire la fête sans boire, c'est dans l'air du temps et celui de la ville, encore plus celui des boîtes de nuits où l'adage « sans alcool, la fête est plus folle ! » ne s'applique pas du tout. Une légère envie de rentrer en France aussi, peut-être, après plus d'un an et demi ici pour revoir ma petite famille à Nantes et mes amis à Paris. Mais Matthieu arrive bientôt et puis je reçois un mail d'autres amis qui viennent fin octobre : tout plein de bonheur en perspective. Passer Noël en France, c'est exclu, comme vous imaginez alors... bon, ben, on verra ! Alors j'envoie un mail en France, un simple « Comment ça va ? », parce que j'ai l'impression que tout le monde sait de tout de ma vie en lisant le blog et puis, en retour, on oublie de me donner des nouvelles, à moi, ici, au bout du monde. Et très vite, je reçois de longs mails, de très longs mails, me décrivant les activités des uns, des autres, en détail, beaucoup font allusion à la politique en France (à suivre). Et ça fait vraiment plaisir de vous lire, plus que ça, ça fait du bien !
Hier une journée comme je les aime à Saigon : réveil en douceur vers huit heures (c'est tard pour ici mais pour moi, c'est parfait !), je déplace le meuble-hifi du proprio contre un autre mur sans vraiment savoir pourquoi, histoire de changer, histoire de dire qu'il sera moins moche ici mais non, c'est assez raté, tant pis ! Je reçois un coup de fil de Tan, professeur en psychologie franco-vietnamien avec qui j'ai déjeuné dimanche, un ami de Thuan, lui même ami de Sam. Tan est presque à l'âge de la retraite, il est passionné et passionnant avec humilité et sagesse. Il organise des colloques de psychologie au Vietnam, plutôt à Hanoi, donne aussi des cours au Vietnam et en France à Paris. Il me fait penser à Tri, la même histoire : originaire du Mékong, débarque en France en 1954, ne parle pas très bien vietnamien parce qu’éducation française à Saigon… On discute de mon projet d'édition, il trouve l'idée très intéressante parce que, lui aussi, bien sûr, dit qu'il y a un public. On va déjeuner dans une de mes bonnes vieilles cantines viet sous une fine pluie rafraîchissante. Il a un regard et un sourire malicieux qui en disent long de son expérience. Je récupère un matelas que nous avions prêté à Olivier parce qu'on devait récupérer à notre tour le lit d'un copain de Sam mais ça n'a pas pu se faire pour des raisons mystérieuses de longues incompréhensions et quiproquos sans nom, bref, le matelas revient avec un monsieur cyclo et mon xe-om préféré, Cung, tous deux dégoulinant de sueur. Et puis Cung me dépose à la poste où m'attend un paquet de France. Il faut bien dire que c'est un de mes moments préférés : aller à la poste chercher un paquet. Le paquet d'Agathe et Jean Vincent est bien gros, je suis toute excitée comme une gamine qui reçoit un cadeau d'anniversaire. Nous passons par le marché Ben Thanh et de retour à la maison, j'ouvre mon paquet avec Cung qui ne comprend pas très bien ce que je viens de recevoir. Mais c'est un petit miracle que je viens recevoir : des flip-books, des livres, des cartes-jeux, un abécédaire. Des illustrations et des textes de Jean Vincent (Sénac) absolument divins. Je ne pleure pas, mais... Un grand, un grand merci... Les enfants ne tardent pas à pointer leur nez pour aller dessiner dans ma chambre. Elles ne sont que deux, c'est bien, elles n'ont pas vraiment besoin de moi, sagement, elles s'installent et sortent les crayons et les feutres de leur boîte en plastique. Je leur fais vraiment confiance et ils ont tous bien compris quelle unique étagère de la bibliothèque était à leur disposition. Il n'y a pas de souci. Lucien appelle, il a envie de fromage et de vin : facile ! Enfin, non, pas si facile surtout pour le fromage, mission un peu ratée au Zen Plazza : camembert président dans un emballage futuriste sans aucun goût, et gouda français d'une fadeur au palais impressionnante. Le vin du caviste dans la rue est bon, le pain, sorti du four, n'est pas terrible. On s'installe dans le patio, pour changer un peu et se sentir à la campagne : il y a un air de famille en pique-nique avec nos enfants qui crient partout ! D'ailleurs très vite, c'est l'invasion, hop, tout le monde dehors, ouste ! Il faut dire qu'il y a une ambiance spéciale dans la ruelle. Une vieille voisine est morte hier, je la voyais malade dans son lit depuis quelque temps. Alors, on installe les tables dehors, on invite les voisins. Le corps de la vieille dame est dans son lit sous la moustiquaire, la porte ouverte. Il y a des bananes posées sur son ventre. Dans quelques jours, ce sera la cérémonie avec tout le monde en blanc, beaucoup de nourriture, de musique et d'encens pendant toute la journée. Et puis coup de fil de Im Lim, le traducteur cambodgien avec qui je travaille pour les formations au Sipar et à Phare au Cambodge, il est à Saigon pour le travail, et passe à la maison. C'est rigolo de le voir ici ! Hoa, notre voisine, m'offre un tee-shirt orange à manches longues, elle me dit que je ne protège pas assez mes épaules du soleil comme les Vietnamiennes ! Cette nuit, je dors à l'étage dans notre espèce d'espace télé, il fait un peu chaud mais dans ma chambre, c'est vraiment trop bruyant.
Je dédie ce billet à Chonchon...

vendredi 7 septembre 2007

So lazy…

Parfois, souvent, je ne trouve pas vraiment l'inspiration pour écrire, il faut dire que dans ma maison, je deviens de plus en plus feignante en me demandant comment je pourrais l'être davantage ! Mais j'ai comme cette impression que ça ne va pas durer comme si l'être humain avait besoin de travailler non pas seulement pour gagner de l'argent mais pour Vivre, pour Etre. Ce week-end, c'était l'anniversaire de Vinh, celui de Bertrand et aussi celui d'Antoine. Ici, on fête beaucoup les anniversaires, toujours un petit truc, un restau, un dîner, un goûter. En fait, ici, tout est prétexte à faire la fête je crois parce qu'il n'y a rien à voir au ciné sans doute. J'y vais de temps en temps au ciné avec Sam : beaucoup de films très commerciaux et très américains en version originale sous-titrée en vietnamien, mais ça va, j'arrive à suivre. Bon le dernier Jason Bourne, « The Bourne Ultimatum » était assez efficace. Ce qui est marrant, enfin plutôt anecdotique, c'est qu'on voit des films qui ne sont pas encore sortis en France, d'ailleurs on peut aussi acheter ces mêmes films en DVD piratés dès la sortie aux Etats-Unis. En ce moment, je découvre la saison un de la série américaine Heroes, assez prenant quand même ! Et puis je laisse filer le temps au gré des visites dans la maison, des moussons impressionnantes. Et je prépare mon voyage à Battambang (pour le boulot) à la fin de la semaine prochaine. Les enfants du quartier viennent toujours de temps en temps colorier dans ma chambre, parfois ils sont trop nombreux, c'est un peu le bordel mais quand ils sont un, deux ou trois, c'est un petit bonheur de partager avec eux ses moments-là. Quand ils agrippent leurs petites mains à la grille en criant tout doucement : « Co Anna, co Anna ! », moi je craque et leur ouvre la porte. Le matin, je vais au marché avec mon petit panier en évitant les grandes avenues et préférant les hem (allées) mais quoi que je fasse, les vietnamiens me regardent toujours comme si j'étais une extra-terrestre et rigolent la plupart du temps ! De fait, il n'y a pas beaucoup d'étrangers qui font leurs courses au marché à part quelques touristes égarés. Ah, le 2 septembre, c'était la fête nationale... Mais bon !

saigon_36.jpg
Parfois au déjeuner, croissant au jambon et salade d'été, si, si !

saigon_35.jpg
Fabrice

saigon_30.jpg
Le rituel des chaussures devant ma chambre

saigon_32.jpg
Tina

saigon_31.jpg
Mai

saigon_33.jpg
La cachette préférée des enfants derrière la baie vitrée

vendredi 31 août 2007

Au cimetière de Luc

Il y a quelque temps, j'apprends le décès d'une très vieille tante, Marie Madeleine, par email. Elle avait 90 ans. Pour ce genre de nouvelles, les mails et les textos, c'est quand même pas terrible. J'en ai reçu quelques uns depuis que je suis là, et ça fait toujours assez froid dans le dos ! Depuis de nombreuses années, depuis la mort de ma mère il y a vingt ans, je ne voyais plus beaucoup Marie Madeleine. C'est vrai que c'est ma mère qui faisait le lien avec notre famille. On n'a pas fait beaucoup d'effort ensuite avec Mai, ma sœur, peut-être justement parce qu'il y avait un effort à faire, que tout cela n'était pas très naturel chez nous. C'est comme ça, c'est la vie. C'est aussi peut-être pour ça que je peux vivre ici loin des miens. Ça ne m'empêche pas d'avoir une pensée très émue pour Marie Madeleine parce que je sais aussi qu'elle était très proche de ma mère, qu'elle aimait beaucoup, de penser aussi à ma tante (la sœur de ma mère) qui est a accompagné son corps jusqu'en Aveyron où Marie Madeleine voulait reposer avec son frère, mon grand-père, ma grand-mère et avec ma mère dans le joli cimetière de Luc qui surplombe la ville. J'imagine que toute la famille s'est retrouvée là-bas. Ça aurait été peut-être une occasion de les revoir. Mais la question ne se pose même pas (J'y vais ? J'y vais pas ?) puisque je vis là, à Saigon, au Vietnam. Mais c'est tout de même étrange d'être si loin dans ces moments-là, toujours le cul entre deux chaises (pardonnez-moi mais je ne trouve toujours pas d'autre expression plus explicite !) : elle est où ma maison, c'est où chez moi ? Ici, là-bas ? Marie Madeleine était religieuse, quand j'étais petite, elle portait son costume et elle se coiffait dans les toilettes. A ce moment-là, je découvrais qu'elle avait les cheveux tout court, déjà blancs, sous son long voile. Moi, j'avais imaginé qu'elle avait de beaux cheveux aussi longs que son voile ! Elle s'appelait aussi Sœur Odile, pour moi, c'était étrange d'avoir deux prénoms ! Je pense à toute la famille, mais c'est surtout à ma mère que je pense et je crois bien que je n'aurais pas aimé être là pendant qu'on ouvre de nouveau le caveau familiale. Finalement, il y a quelques douloureuses plaies qui n'aiment pas trop être titiller. Mais j'imagine que c'est normal… Je vais chercher un petit croissant tout chaud dans la nouvelle boulangerie française qui vient d'ouvrir juste en face de l'allée, le café est prêt, et j'ai cette chanson débile dans la tête : « Le soleil vient de se lever, encore une belle journée… » Et de nouveau une pensée pour ma mère qui buvait de la Ricoré tous les matins : c'est pas très bon comme café, si ?!

lundi 27 août 2007

Des livres, des histoires, des bisous…

Six heures le soir, l'ordinateur dans le patio, il fait bon après quelques fines gouttes de pluie. La nuit est en train de tomber. Il fait nuit tous les jours à six heures, on s'y habitue. Ma nouvelle vie me plaît dans la maison que je ne quitte presque pas. Chaque jour un peu plus je fais connaissance avec les voisins. Aujourd'hui, j'ai ouvert la porte de ma chambre aux enfants de la ruelle. On commence tout doucement par lire un livre avec Mai (elle doit avoir cinq ans), un livre tout simple en vietnamien avec des petits rabats à manipuler. Mai répète tout ce que je dis en vietnamien. Le livre est aussi traduit en anglais, je peux comprendre ce que je dis, ouf ! On lit et relit encore ce même livre en criant : des oh, des ah, dep qua ! (c'est beau !), cai gi ? (c'est quoi ?). Je m'aperçois vite qu'il n'y a vraisemblablement pas beaucoup d'habitudes de lectures chez les enfants du quartier. Très vite, bien sûr, tous les enfants rappliquent genre : « Hé, venez, il y a plein de livres pour enfants chez Anna ! » Alors, on fait du coloriage, on apprend les couleurs. Tuan me fait plein de bisous, j'ai l'impression qu'il a découvert ça avec moi, les bisous, et il a l'air d'adorer ça ! Quand ils sont petits, les bébés ont l'air de recevoir plein de câlins mais on dirait que ça disparaît très vite dès qu'ils grandissent un tout petit peu, pudeur vietnamienne oblige. Hoa, la voisine, débarque aussi. Elle casse un peu l'ambiance « lecture » avec sa forte voix et ne comprend pas vraiment que j'ai envie de lire des histoires aux enfants, de passer un moment avec eux et les livres ! J'essaie de lui expliquer le métier que je faisais en France. Je cherche dans mon cahier de vietnamien où c'est écrit : « directrice artistique de livre pour enfants » mais je crois qu'elle ne retient que le mot « directrice » ! Tout ça, c'est un peu compliqué à expliquer alors j'ai décidé de dire que j'écris des histoires pour les enfants dans des magazines en France. La séance avec tous les enfants dans ma chambre ne dure pas trop longtemps, il ne faut pas que je me laisse déborder trop rapidement !
J'avance très, très doucement dans la création de mon projet de magazine. Heureusement, il y a Lucien qui est très motivé à créer son personnage, Panda, une sorte de Petit Ours Brun vietnamien. On se casse un peu la tête pour trouver des idées de scénario à la fois adapté au pays et à nos envies. Je prépare aussi ma prochaine formation pour Phare, une NGO située au Cambodge, à Battambang à quelques kilomètres de Phnom Penh. Je pars deux semaines fin septembre refaire un module autour de l'édition jeunesse. Top ! Et tout se passe bien avec Sam, mon colocataire et néanmoins ami, qui a l'air d'envier ma vie oisive et délicieuse alors que, lui, bosse beaucoup. On tente progressivement d'améliorer le confort et la déco de la maison sans dépenser trop de sous. Nos goûts s'accordent plutôt bien, tant mieux. Il fallait nous voir ce week-end pendant une grosse, grosse mousson en train de remplir nos sceaux en plastique pour éviter que l'eau entre dans la maison ! Et je découvre les joies de lancer des machines à laver le linge et de l'étendre à l'étage sur le petit balcon en plein soleil en papotant avec ma voisine qui fait la même chose ! Tiens, la petite Mai, toute seule, repointe son joli nez pour que je lui raconte des histoires…

saigon_28.jpg
Au marché de tissu à Cholon…

saigon_27.jpg
avec Sam

saigon_29.jpg
Trung et son oncle sont venus repeindre le mur
pour éviter les infiltrations d'eau dans ma chambre !

mardi 21 août 2007

Les oiseaux chantent dans le patio !

jeanvincent_02.jpg
Une nouvelle image de Jean-Vincent reçue ce matin. Merci !

lundi 20 août 2007

Quotidien…

J'ai reçu quelques mails de France avec cette question : « Et cet été, tu fais quoi ? » La notion d'été n'existe pas ici. Il y a deux saisons : celle des pluies et la saison sèche, c'est tout ! Bien sûr, il y a les « vrais » expats français qui vivent au rythme scolaire et qui quittent Saigon en juillet et en août pour souvent retourner en France. Et il y aussi, de fait, de nombreux touristes français qui, malgré la mousson, viennent visiter le pays. Après le 15 août, c'est fini, ils rentrent ! Moi, « cet été », je me suis donc occupée de ma maison que j'aime de plus en plus chaque jour. Dans le désordre, voici quelques photos de mon mois d'août…

manna_01.jpg
Jetlag « Lunettes noires pour nuits blanches » au Manna avec Olive

manna_02.jpg
Sam, Anna pendant une autre Jetlag un autre vendredi soir

house_19.jpg
La famille à Saigon : Lionel, Marie Anne, Isé

house_16.jpg
A Saigon, le passage de Sylvie, copine de Patricia et de Mai, ma sœur

house_22.jpg
Pause lecture avec Lee…

house_18.jpg
… et Justin à la découverte de StoryBox !

house_21.jpg
Olive et Patricia : il paraît que la connection wifi n'est pas si rapide !

andy_01.jpg
Un lundi matin, je fais de la figuration pour un court-métrage.

andy_02.jpg
Je « joue » une cliente d'un salon de beauté (de dos, Karen).

andy_03.jpg
Le réalisateur Andy et son assistante Thom

lucien_01.jpg
Déjeuner à la piscine avec Lucien

house_20.jpg
Le dernier jour de Justin à Saigon… Bye, Bye!

mercredi 15 août 2007

Housewarming 2

Dans la nouvelle maison, je me réveille tous les matins avant huit heures. Ce n'est pas qu'il y ait vraiment du bruit mais voilà, je vis au rythme des voisins vietnamiens. Une vie dans une maison, ça change tout. Pour le moment, il y a toujours un petit truc à faire à l'intérieur ou à acheter à l'extérieur. A chaque fois que j'ouvre le verrou de la grille, j'entends ma voisine Hoa qui s'interroge : « Anna ? ». La première fois, j'ai cru qu'elle voulait me dire quelque chose mais j'ai très vite compris que c'était juste pour vérifier que c'était bien moi qui rentrait. Alors, je réponds un seul : « Da » (prononcez « Ya »), et cela suffit. C'est assez rassurant finalement d'être surveillé discrètement ! Tous les voisins sont très gentils, souriants, curieux de notre arrivée. Pour la pendaison de crémaillère, ils ont commencé à faire les gros yeux vers minuit, en se postant au bout de l'allée les bras croisés, le regard un peu noir mais tout s'est bien fini, sans plainte, sans la venue de la police. Le mari de Hoa, prof de tennis, est venu nous offrir une boisson non alcoolisée au raisin en s'excusant de ne pouvoir venir car il travaille, le jeune voisin Minh avec sa petite moustache naissante est venu avec une poupée vietnamienne en ao dai et a adoré la sangria qu'avait préparé Huyen. Pour le buffet, selon une idée de Lucien, j'ai demandé à une autre voisine chez qui je déjeune parfois dans la rue de faire la cuisine dans le patio avec son barbecue : classiques cha gio, rouleaux de printemps et autres brochettes de bœuf. Bonne idée ! La fête semble réussie, nos invités semblent aimer notre jolie maison. Bertrand et Sandrine avait préparé un diaporama de photos de Justin qu'on a projeté sur le grand mur blanc. Une façon de lui dire au-revoir, une façon de lui dire qu'on l'aime même s'il quitte Saigon pour Osaka un peu aigri, un peu fatigué de tout ce qu'il n'a pas pu faire ici. Séquence émotion ! Merci à Tsering, Sandrine et Patricia pour les photos.

housewarming_01.jpg
Ambiance cosy à l'étage

housewarming_03.jpg
Préparation des rouleaux de printemps

housewarming_12.jpg
Vue des escaliers 1

housewarming_05.jpg
Vue des escaliers 2

housewarming_04.jpg
Huyen, Justin et Karen

housewarming_06.jpg
Anna, DJ Beton

housewarming_02.jpg
Justin, Antoine

housewarming_07.jpg
Tsering, Delphine

housewarming_08.jpg
Sylvain, Karen

housewarming_10.jpg
Emilie, Gulschan, Tam, Sam

housewarming_09.jpg
Olive, Eliot

housewarming_11.jpg
Une heure du matin, c'est fini…

lundi 13 août 2007

Housewarming

Vendredi soir, c'est la pendaison de crémaillère à la maison.

samanna.gif
Le flyer par Bertrand

mardi 7 août 2007

Ma maison…

Dimanche, il pleut un peu… Parfois beaucoup, surtout le soir, c'est le mois d'août, c'est la saison des pluies. Ce matin, doux réveil dans la nouvelle maison malgré un gros coup de froid depuis quelques jours, la gorge irritée, le nez qui coule, les oreilles constamment bouchées. C'est dimanche, je prends mon vélo, toujours électrique, pour aller chercher un peu de pain et des croissants, du jus d'orange frais (cam vat en vietnamien), des fruits de saison (du raisin !), il y a des œufs dans le frigo, du bon café de singapour dans le placard. Sam se réveille tardivement et la journée commence ainsi comme un vrai dimanche, bien installé chez nous. Ça fait si longtemps que je n'ai pas habité une maison, une maison aussi grande… La dernière fois c'était en famille à Jouy-en-Josas il y a trente ans : sentiment étrange et délicieux. Pendant environ dix jours, les ouvriers ont bien travaillé dans la maison : peinture blanche sur les murs, fenêtres noires (très chics), portes grises, quelques touches de couleurs comme le bureau orange de Jean qui nous avons récupéré, quelques lampes pour remplacer les néons, des tapis en bambou un peu partout. On a juste envie de jeter tout ce qu'on a gardé des meubles propriétaires, pas grand chose puisqu'on a négocié qu'il dégage presque tout, surtout ces gros immeubles chinois, sans doute très beaux dans un autre contexte mais tellement encombrant, imposant. J'ai emménagé le 1er août, Sam s'installe petit à petit. Je regarde la pluie tomber dans le petit patio en écoutant la version originale de « A la verticale de l'été », on y est ! La maison est tout au bout d'une allée (hem en vietnamien). Je pensais être réveillée par les voisins le matin, les motos qui démarrent mais non, c'est assez calme. Parfois, la musique du voisin juste à côté est un peu fort mais ça ne dure jamais très longtemps, apparemment, il aime bien Vanessa Paradis et son « Jo, le taxi » ! Toute la journée, il y a la dame de la poubelle qui passe, celle du plastique, celle des canettes en fer, le vendeur de jouets ou de noix de coco… Je ne fais pas toujours très bien la différence quand chacun crie un son vietnamien pour prévenir de son passage. Hoa, la voisine toute proche, est très gentille et toujours de bons conseils. En face, il y la famille du tout petit café de rue et toujours quelqu'un pour vous apporter un café glacé dans la maison pour peu qu'on oublie pas de rapporter le verre vide. Au beau milieu du quartier routard de Pham Ngu Lao, nous sommes au Vietnam dans ce dédale de petites ruelles où ne peuvent passer que les motos. Premiers invités l'autre soir avec ma tante Marie Anne, son ami Lionel et sa fille Isé, Huy (qu'on appelle maintenant Lucien, c'est comme ça), Thuan un ami de Sam, Sam et moi-même. Le salon est immense, le bureau de Jean parfait comme table de salle à manger. On a récupéré pas mal de trucs pour la cuisine à droite à gauche, on a l'air tout à fait installé ou presque. Et depuis, c'est le grand défilé dans la maison : petit-déjeuner, pause-café, dîner. C'est normal, elle est tellement conviviale cette maison ! Mais je suis fatiguée, je me demande si je n'ai pas un peu de fièvre… Comme toujours, pour les nouvelles plus culturelles et festives à Saigon, il faut aller voir sur le blog de Sandrine.

house_01.gif
Mon bureau quitte la rue Nguyen Trai en cyclo…

house_14.gif
Le portail repeint en noir

house_13.gif
Plein de plantes si on lève la tête…

house_02.gif
Le style de la maison avant

house_03.gif
Le coin salle à manger dans la grande pièce en bas

house_04.gif
La cuisine repeinte en jaune, mais ce n'est pas le bon jaune !

house_05.gif
L'escalier, donc…

house_06.gif
En haut, avant

house_07.gif
En haut, après les travaux

house_10.gif
La chambre de Sam, à l'étage

house_08.gif
Une vue du balcon à l'étage

house_09.gif
Une autre vue du même endroit

house_11.gif
En bas, mon coin à moi dans une sorte de petite annexe

house_15.gif
Le coin bureau…

house_12.gif
Et la magnifique coiffeuse du propriétaire !

vendredi 3 août 2007

Dep qua !

Beaucoup de retard sur le blog, beaucoup de choses à raconter notamment le départ de l'hôtel un peu précipité et l'installation dans la maison… absolument magnifique (dep qua en vietnamien) ! Première nuit, premier dîner, premier café du matin dans le petit patio, première chasse au souris… j'adore ! Mais voilà, internet n'est pas encore installé, alors, il faudra patienter… De toutes façons, vous êtes tous en vacances, non ?! Une pensée spéciale du 2 août pour Matthieu.

lundi 23 juillet 2007

En travaux !

1000signs.gif
Stop ! En raison de travaux dans la maison et famille à Saigon…

mardi 17 juillet 2007

Half-french, half-vietnamese…

Ce matin, mardi, je monte sur la terrasse avec mon petit ordi pour mettre à jour le blog. J'adore cette terrasse ombragée au dernier étage de la guest house. Je sais qu'elle va me manquer. L'ambiance ici va me manquer et le confort aussi. En ce moment le matin quand je me lève dans ma petite chambre très calme, j'ai toujours un petit nœud dans l'estomac qui me fait dire : « Et si je ne pouvais pas dormir dans la maison ? Et si j'allais être réveillée tous les matins à six heures par les voisins comme c'est souvent le cas dans ce pays ? » Ma chambre est particulièrement calme ici, je n'entends rien et je sais que c'est très rare. Bref, rien de très grave, juste peur de quitter mon petit cocon.
Comme toujours les jours ici passent à une vitesse folle. Jeudi matin, je vais signer le contrat de la maison avec Viet, mon prof de viet et sa copine Lili. Ça dure des heures, il y a des erreurs dans le contrat, Monsieur Nam repart le corriger dans son agence et revient. Mais je n'ai pas mon passeport, je l'avais bien dit à Monsieur Nam que j'attendais mon dernier visa et que je ne pouvais pas signer dès jeudi. Donc après de bonnes heures de palabres, heureusement que Viet était là, nous reportons la signature du contrat à lundi. Bon. Je ne reverrais pas Viet avant son départ en Arabie Saoudite. Il est ingénieur et va s'exiler là-bas pour travailler dans le pétrole. Pourquoi pas ? L'après-midi je récupère mon passeport, visa jusqu'au 1er janvier 2008 en poche. C'est comme ça ici, tous les six mois, on va faire faire nos visas de six mois, multi-entrées (pour pouvoir aussi sortir du pays). Et on est très nombreux dans ce cas, même avec un contrat de travail d'un an, il n'est pas rare d'avoir un visa de touriste de six mois à renouveler. Ça prend une semaine, et ça coûte des sous, sinon, ce n'est pas très compliqué !
Vendredi soir, je dîne avec Michel, un copain de Delphine, qui travaille à Nha Trang. Cela fait plusieurs semaines que Delphine me parle de son ami dont la fille vient faire un stage d'un mois à Saigon. Je réserve une chambre pour elle à l'hôtel. En fait, le Michel, je le connais, je l'ai rencontré à une soirée il y a quelque temps à Saigon. Michel est français, d'origine vietnamienne, il parle un vietnamien impeccable. Et nous voilà reparti dans ce genres de discussions que j'ai souvent ici : les Viet-Kieus, le retour au pays ! Le soir, grosse Jetlag au Manna un peu comme d'habitude, un peu toujours les mêmes, un peu la bouteille vodka qui n'a pas fait long feu. Il y a le fan club qui est toujours content de se retrouver, il y en d'autres qui traînent un peu des pieds pour venir, et encore d'autres qui ne viennent pas parce que le Manna, c'est trop cher ! Nos dj préférés sont là : Tam, Beton, Fugu. Les photos fusent (un peu toujours les mêmes aussi) dans tous les sens et vont bientôt se retrouver sur le net. Je rencontre Antoine, un jeune architecte français, avec qui jusqu'à présent je n'avais communiqué que par mail ou par téléphone car nous recherchions le même genre de maison en même temps. Avant minuit, l'ampli pète et la fête s'arrête abruptement. Nous allons boire un verre au Long Phi. Avec Vinh et Olive, on discute encore de notre situation de « half-french, half-vietnamese », ce qui fait du pourquoi on est bien ici et pas ailleurs, de ce qui nous émeut nous.
Samedi matin : gueule de bois ! Petit déjeuner avec Sam dans le quartier en attendant Clo (du Sipar) qui arrive de Phnom Penh par le bus pour le week-end. Il n'y pas de chambre pour elle à la guest house, pourtant Loi, à la réception, avait bien noté dans son petit carnet que j'avais besoin d'une chambre mais il ne me prévient pas et avec un grand sourire typiquement vietnamien, il me dit : « I'm sorry. » Dans ces cas-là, on a quand même un peu envie de s'énerver en sachant que ça ne sert strictement à rien. Je trouve une autre chambre pour Clo en face. Elle arrive enfin vers une heure et des poussières et nous allons déjeuner avec Vinh dans ma petite cantine du coin. On passe faire un petit coucou à Sam, Delphine et Patricia qui déjeunent près du marché et puis on se ballade à pied dans les jolies ruelles de la ville, on va acheter des livres, on va boire un jus de fruit chez Givral parce qu'il se met à pleuvoir. On fait les petites boutiques chic de Dong Khoi et je reçois un texto d'Antoine qui propose un apéro pain-vin-boursin pour ceux qui n'ont pas pu s'inscrire à la garden party chez le consul, et oui, nous sommes le 14 juillet ! Moi je suis inscrite mais pas mes potes et puis « la tenue correcte exigée » obligatoire me glace un peu. Je n'irais pas. Alors, avec Clo, on passe au « Cochon d'or » acheter un saucisson. Et puis on rentre doucement à la maison en passant par la case une heure de shampoing. Nous partons en haut de Hai Ba Trung en xe-om, cette abominable rue, toujours bondée, toujours bruyante surtout un samedi soir à huit heures. La maison d'Antoine est mignonne, classique « up and down » sans lumière. Antoine n'a pas trouvé de boursin, il y aura du camembert à la place. Les gens arrivent tard souvent après la garden party du consul vêtu de leur tenue correcte exigée. Ambiance frenchy sympathique, les jeunes stagiaires de l'été ont débarqué à Saigon !
Dimanche avec Clo : piscine, banh xeo, massage, sieste et ciné, c'est parfait ! Une pluie battante s'abat vers sept heures, impossible de trouver un taxi dans la rue, Vinataxi ne répond pas au téléphone, le réseau est saturé. Au bout d'un certain temps sous la pluie, enfin, un taxi libre s'arrête devant nous. Au Manna la projection va bientôt commencer. Il n'y a pas grand monde, je retrouve Delphine, Patricia, Pierre, Antoine (qui organise le ciné-club), Antoine (celui du 14 juillet) et Florent (du Manna). En guise de court-métrage, on montre un dessin animé français qui se passe au vietnam, un truc très joli que j'avais déjà vu sur Arte je pense. Et puis « 3-Iron » (« Locataires en français ») de Kim Ki Duk, un film coréen : splendide ! Et on est bien là, dans ces gros fauteuils lounge du Manna. Et pour finir, petite crêpe chez Fanny pour dire au-revoir à Clo.
Lundi matin, signature du contrat pour la maison, enfin ! Ça dure encore un peu mais je ne repartirais pas avec le contrat sous le bras parce qu'il faut un peu de temps pour m'enregistrer à la police. Bon ! Je déjeune avec Justin et part à l'aventure avec Huy, viet-kieu français, à la recherche du fournisseur d'accès à internet le plus intéressant. Au lieu de téléphoner tranquillement, nous arpentons les rues de Saigon en moto. Huy parle bien vietnamien mais ce n'est pas toujours facile de communiquer ! On se retrouve dans une agence au bout de la ville dans le quartier Phu Nuan pour s'entendre dire qu'il y a une autre agence sur Pham Ngu Lao, soit à deux pas de la maison. Ce n'est pas très grave, on a bien rigolé (merci Huy !) Le soir, petite soupe avec Justin qui n'a pas grand moral depuis qu'il a décidé de fuir Saigon. Et je retrouve Sam pour l'accompagner à dîner. On fait le point sur la maison, il y a tant de choses (et de dépenses) à faire, hou la la !

mercredi 11 juillet 2007

Entre deux averses

Comme une envie de vacances au soleil ! Oui, je sais, j'exagère mais le début de la mousson à Saigon donne quelque peu envie de fuir. Cela dit, je ne peux pas bouger, j'attends mon extension de visa pour six mois et puis il y a le contrat de la maison à signer, les petits travaux de peinture à organiser. Je récupère de la vaisselle, des plantes, des meubles à droite à gauche (merci Aline et Roma, merci Julie, merci Justin). J'ai lâché mon bureau à Wonderful District en rendant les clés et en rangeant mes affaires dans des cartons. Ça fait bizarre, j'aimais bien ce lieu, je m'y étais investie. Mais c'est la vie, ici, tout change tout le temps ! On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Rich va reprendre ma place au bureau, Olive travaille plutôt chez lui, Amandine vient faire un stage d'un mois là-bas. Bertrand va sans doute faire son atelier au bureau. Alors, de fait, il n'y a plus beaucoup de place pour moi et puis je vais pouvoir me faire un joli bureau à la maison très bientôt. On a hâte avec Sam de commencer à s'installer !
Hier je suis retournée à la piscine avec Sandrine entre deux averses. J'aime ces moments-là quand il y a un peu de soleil de bon matin. Le soir, Laura m'emmène tester un cours de yoga tout près de la maison. Laura habite à l'hôtel, elle est italienne, prof d'anglais. Ça tire de partout, je suis rouillée comme une petite vieille mais je sens que ça peut me faire du bien tous ces étirements, mon corps manque de souplesse, c'est fou ! Il fut un temps où je pouvais toucher le sol avec mes mains les jambes tendues. Ce temps me semble bien loin mais peut-être qu’à force d'exercice et de régularité. Les cours de yoga sont en vietnamien, pour apprendre à compter, c'est pratique ! En revanche, il faudrait que je vérifie comment on dit « inspirer… expirer… », je ne suis pas très sûre de faire ce qu'il faut ! Je travaille mes prochaines formations au Cambodge car on dirait que c'est là-bas que ça se passe au niveau boulot.

jetlag.gif
Vendredi, prochaine Nuit Jetlag organisée par Olive

- page 5 de 18 -